LE SERMENT DANS LES B< ANCIENNES
vœu terrible : « si je n'exécute pas la promesse que je viens de faire, je consens à èlre l'objet, eu cette vie ei en l'autre, des malédictions de Dieu, et de plus à subir Les châtiments dont ta loi frappe le parjure. »
Plus tard en France, dans nombre de ras, on affirmail sur la damnation de son âme.
Dans des procès- verbaux de prestation, on lit celle phrase finale : « Au cas où, en ceci, j'emploierais quelque fraude, que je sois éternellement maudit! et que Dieu ne vienne jamais à mon assistance dans aucune de nies peines! »
Les juristes, aussi bien que les théologiens, reconnaissaient que « la formule vengeresse », comme dit l'un d'eux, est de l'essence du serment. « Le serment, dit Pothier, est un acte religieux par lequel une personne déclare se soumettre à la vengeance de Dieu, ou renoncer à sa miséricorde, si elle n'accomplit pas ce qu'elle a promis. » Et à son tour, Toullier s'exprime ainsi : m Celui qui jure, invoque Dieu pour témoin de la sincérité de ses dires: mais aussi pour être le vengeur de l'imposture, ou de la foi violée. »
Si donc l'imprécation n'avait pas été supprimée du serment, on le respecterait davantage : le public n'entendant que l'invocation seule, oublie la sanction qui en est la garantie. Telle était l'opinion de Domat, de Pothier, de Toullier, et d'autres juristes.
Des Francs-Maçons même ont trouvé utile d'attirer des châtiments sur les affiliés qui trahiraient leurs promesses. Eu Angleterre, en Ecosse, en Allemagne, plusieurs loges ont conservé le libellé suivant : « Je m'engage, et je me soumets, si je manque à ma parole, à la peine que je vais dire : qu'on me brûle les lèvres avec un fer rouge, qu'on me coupe les mains, qu'on m'arrache la langue; que mon cadavre soit pendu dans une loge, pendant l'admission d'un nouveau frère, pour être la flétrissure de mon infidélité, et l'ell'roi des autres; qu'on le brûle ensuite, et qu'on en jette les cendres au vent, afin qu'il ne reste plus aucune trace de ma trahison1. »
On raconte qu'en Russie, pour prêter le serment de fidélité,