‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 216 sur 285 · Eckert. la franc-maqonnerie,t. I, p · texte numérisé non relu

Eckert. la franc-maqonnerie,t. I, p

on plaçait à terre une peau d'ours, un poignard, un morceau de pain et une hache; et celui qui jurait prononçait ces mots : « Si je ne demeure pas toute ma vie fidèle à mon serment, que les bêtes féroces me déchirent au milieu des bois...; que ce pain m'étouffe...; que ce poignard me perce la poitrine, et que cette hache m'abatte la tête! »

Cette notion qui consiste à se vouer aux châtiments en cas de parjure, est, pour ainsi dire, universelle; seulement, tandis que, clans l'ancien serment, nos pères s'engageaient corps et âme, sans restriction, certains nègres (on sait qu'ils ne sont pas tous renommés pour leur sincérité) trouvent prudent de ne jurer que par une minime partie du corps : le bras, la main, les doigts, le petit doigt, même.

Ils ne veulent pas risquer davantage...

Or nous affirmons souvent un peu à la manière des nègres, sans nous en douter. Ne disons-nous pas : « J'en mettrais ma main au feu »; ou bien : « J'en donnerais mon petit doigt à couper » ?

C'est encore sous l'empire du sentiment de la malédiction qu'encourt le parjure, que les Juifs qui prêtent serment revêtent, dans certains pays, un drap mortuaire.

Il y a peu de temps, en Suisse, le Code de Genève exigeait que le président du tribunal, après avoir reçu le serment de la partie qui jure, rappelât la sanction qui s'y rattache, en ajoutant : « Que Dieu, témoin de votre serment, vous punisse si vous êtes parjure. » Par respect pour le serment cette législation, comme la nôtre1 d'ailleurs, ne permet pas que la partie soit obligée de le prêter séance tenante. Le juge donne lecture des faits sur lesquels on devra répondre ; et la prestation en est remise à une audience subséquente ~. On craint que l'émotion ou la précipitation ne laisse pas au plaideur toute la liberté d'esprit nécessaire ; ou encore qu'un premier mouvement de bonté mal comprise, ou au contraire d'inimitié aveugle, ne fausse la voix de sa conscience.

« Si je fais un serment mensonger, que le Maître du ciel me

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