‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 217 sur 285 · Art. 173, Cod. Proc. suisse · texte numérisé non relu

Art. 173, Cod. Proc. suisse

LE SERU l N C DANS LES SOCI] TÉS A.NCIENNE& B15

fasse tomber dans la misère el les douleurs comme je fais tomber cette pierre de mes mains, » disait autrefois le serment iin.

Eh bien! cette malédiction sous-entendue, nous la portons contre nos personnes, contre notre foyer, contre nos biens chaque fois qur nous jurons. Car, par suite du pacte intervenu entre Dieu ei nous, ce u'esl pas un tiers qui subira les conséquences de notre parjure, mais nous-mêmes, qui avons consenti à encourir les foudres de la suprême justice.

Tel est le sens vrai de la solennité du serment.

Dans un ouvrage spécial, un ancien magistrat soutient cette thèse paradoxale : m Le serment est inutile, injurieux pour Dieu, et défendu par le Christ lui-même l. »

Nous ne nous attarderons pas longtemps à réfuter le premier £rief, à savoir : V inutilité du serment. Il n'est personne qui ne puisse, s'il a l'esprit pratique, reconnaître la profonde et décisive différence qui sépare l'affirmation pure et simple, de l'impressionnante invocation qui nous occupe.

Le plus acharné des incrédules peut bien douter, hésiter, se montrer sceptique par forfanterie; mais la certitude de la nonexistence de Dieu étant matériellement impossible, et logiquement inadmissible entant que preuve négative, il en résulte que cet appel adressé à la Divinité présente, quand même, une autorité incomparable, dans la pratique judiciaire surtout.

a Dire que le serment n'est pas un motif réprimant, parce qu'il point toujours efficace, a écrit Montesquieu, c'est dire que les lois sont inutiles parce qu'on les méconnaît souvent2. »

Ajoutons que l'athée est, selon le mot de Pascal, une sorte d'exception monstrueuse dans l'humanité, et que la loi doit être pour la généralité, alors surtout que l'on se trouve en présence d'un fait aussi universel que la croyance à Dieu.

lo'pondant à la seconde objection, nous dirons que le serment,

1. Le Droit païen et le Droit chrétien, par M. C. Carpentier. Cette thèse a été souter. jà par Benthacn, par Portalis devant le Conseil des Cinq-Cents, par Ferrière qui qualifie le serment de a honteux j>.

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