De ir. J.-C
capable de dérober les ricbes offrandes conservées à Delphes dans le temple d'Apollon, j'emploierai mes pieds, mes mains et ma voix pour tirer vengeance de ce sacrilège... — Que si quelqu'un enfreint son serment, qu'il soit réputé exécrable, et qu'il éprouve en conséquence la vengeance d'Apollon, de Diane, de Latone et de Minerve! Que sa terre ne produise aucun fruit! et que sa maison soit rasée!.... qu'ils perdent tous leurs procès; qu'à la guerre, ils soient vaincus, et que des monstres soient leur descendance1 ! . . . »
On trouve, dans le véhément discours de Demosthène contre Conon 2, un texte de serment complet : la solennité des débats et la gravité de l'accusation donnent une grande importance à ce beau document : « Je jure, Athéniens, en votre présence, à la face de toute cette assemblée! je jure par tous les dieux, et par toutes les déesses, que j'ai en vérité essuyé de la part de Conon les mauvais traitements dont je me plains : j'en ai reçu des coups; il m'a fendu la lèvre au point qu'il a fallu la recoudre! 11 m'a outragé |indignement, et c'est lui la cause unique du procès que j'intente. Si, en cela, je parle selon la vérité^ puissé-je être comblé de biens! Au contraire, si je me parjure,, périssent tous ceux nés de ?noi, ou qui en pourraient naîtrez\ »
On comprend, par la malédiction finale, quelle devait être pour le juge la force décisive d'une semblable adjuration, qui rappelle si bien la portée du serment des Juifs.
Au tribunal des Héliastes, sorte de cour de Cassation composée de mille à quinze cents magistrats, la version du serment professionnel était la suivante, que nous donnons d'après Demosthène4: « Je jugerai, selon la loi, selon les décisions du peuple et du sénat. — Je ne donnerai point mon suffrage, ni pour un tyran, ni pour l'oligarchie... — Je ne laisserai pas présenter de candidat à la magistrature s'il n'a, avant tout, rendu ses comptes comme agent public. — Je ne souffrirai pas que le même