Plut., Vie d'Arist
2. Cicéron, malgré le scepticisme dont il fait preuve dans son De officiis, malgré ses contradictions, alors qu'il conteste l'intervention de Jupiter et l'efficacité de l'adjuration ÇPro Roscio, XV, XVI, Tuscul., I, 30), reconnaît néanmoins en ces termes le caractère à la fois religieux efc obligatoire du serment : C( est jusjurandum affirmât io religiosa »j (De offic, III, 9); et encore dans cette autre phrase : ce Quod promiseris, quasi Deo teste, id tenendum est. »
LE SERMENT DANS LES SOCE i'i:s ANCIENNES. I '
té moi d la loi des Douze Tables, 1rs saintes formules <]im nous suivons pour engager notre foi, ei nos alliances ou la puissance du serment es! telle, qu'elle nous lie envers nos ennemis eux-mêmes! »
u Le serment eut ta.nl de force chez ce peuple, écril Montesquieu, que rienne L'attacha davantage aux lois1. »
Certaines divinités étaient particulièrement invoquées; onjuraitparla Banne Foi dont la statue était au Capitole à côté de celle de Jupiter : elle était vêtue d'un voile blanc, symbole <le la candeur2. Le militaire s'adressait à Mars, le laboureur à Gérés, le vendangeur à Bacchus. Les hommes adjuraient de préférence Hercule, les femmes .Innon et les jeunes tilles Diane ; enfin les Dieux, comme en Grèce, étaient réputés interpeller le Styx3. Dans Virgile et dans Ovide, les héros jurent par leur tête ou même par leur œil.
Quand les croyances nationales perdirent de leur énergie;
« quand les dieux ne furent presque plus que des images, et
qu'au contraire,, les empereurs furent déifiés », le serment dé-
éra, en perdant toute sainteté et toute gravité, si bien que
les légions en arrivèrent à jurer par Claude ou par Vitellius.
Outre l'attestation judiciaire, les Romains connaissaient encore le sermon t militaire, par lequel le légionnaire en entrant dans l'armée s'engageait : « 1° à suivre partout son général; 2° à ne jamais abandonner le drapeau; 3° à ne point se livrer à la rapine: et entiu à ne sortir des rangs que pour ramasser un javelot, frapper l'ennemi ou sauver un citoyen », noble discipline qui fut la cause même de la puissance des légions romaines.
Ce n'était point là un engagement politique, mais une sorte de lien professionnel, renouvelable chaque fois que changeait le chef d'armée.
Pour If serment consulaire, le futur consul, avant d'entrer en charge, se rendait dans le temple de Jupiter-Capitolin, « et pro-
Loiê, XIX. 22.