C'est l'anthropomorphisme
2. Qui ne sait la perplexité de? Hébreux, et môme des premiers chrétiens, quand il s'agissait de nommer Dieu ou de le représenter matériellement?
religions connues, nous dirons que c'est sous l'empire de préoccupations de ce genre, que, selon le Rituel babylonien, le pécheur, dans sa prière expiatoire, s'adresse même aux divinités inconnues.
Ce texte, qui offre un extraordinaire intérêt, est à citer :
Que la colère de mon Seigneur s'apaise!
Du dieu que je ne connais pas, que la colère s'apaise !
De la déesse que je ne connais pas, que la colère s'apaise !
Du dieu connu de moi, ou méconnu, que la colère s'apaise!
De la déesse connue de moi, ou inconnue, que la colère s'apaise ' !
Dans les Védas on invoquait « le Dieu sans nom », et les Grecs en priant la Divinité sous le nom de Zeus ajoutaient, comme nous le verrons : «... si toutefois tu acceptes d'être ainsi désigné ».
Enfin, une idée qui occupe une très grande place dans les théologies païennes, surtout chez les Africains et les Polynésiens, est la suivante : « Si la divinité est bienveillante, à quoi bon s'en occuper? se disent-ils : n'est-il pas inutile de lui rendre un culte puisqu'elle ne veut point faire de mal?... Au contraire, si l'Esprit est méchant, vindicatif, il importe alors, pense le sauvage, de lui offrir des sacrifices et des « propitiations » , pour mériter ses faveurs et détourner ses vengeances. »
Rien de moins chrétien sans doute! mais rien de plus constant que cette logique égoïste et brutale , qui donne la raison de maintes pratiques, absolument inexplicables sans cela.
Dans le dualisme ainsi compris, c'est-à-dire daus la lutte entre le bien et le mal, ces peuples ne semblent-ils pas supplier le Dieu chargé de punir (le Dieu exécuteur), de ne pas les frapper, quand ils ont méconnu les justes lois du Dieu de leur conscience : ils oublient que la Justice implique l'idée corrélative de châtiment, quand le mal a été volontairement commis.
« En Guinée, écrit un missionnaire, Olorun le Dieu suprême n'étant pas malfaisant, on ne pense pas à lui. Au contraire, Elegba, dieu subalterne et génie mauvais, est comblé de pré-