Seigneur de Brantôme. Capit. fr., I, 2GG
Echevins avaient des fonctions analogues à celles des maires actuels. 3. Extrait du registre de la Chambre de Paix de La Fère, pour 1584. — Anciennes Jus- Ch. Desmaze. p. 3*"».
bernacle sous une voûte de bannières, se frayant un passage au milieu des nombreux délégués des corporations, pour venir poser la main sur les saints Évangiles ouverts à la page même de la consécration; et Ton aura le tableau grandiose de ces solennités d'autrefois qu'on ne se représente pas sans une véritable émotion.
Il y a là une foi intense, et une bonne foi touchante.
Les grandes Compagnies judiciaires de l'ancienne France avaient, elles aussi, des formules spéciales pour les divers serments qu'elles étaient appelées à enregistrer. Voici, par exemple, d'après les écrits de Claude de Beaune1, celui que les fonctionnaires et les officiers de la « Chambre des Comptes » prêtaient au xvne siècle entre les mains du premier président Nicolay : « Vous jurez Dieu votre Créateur et ses saintes Écritures, que vous servirez bien et loyaument le Roy en cet office, que vous n'accepterez aucuns dons corrompables et défendus; que vous tiendrez secrètes les affaires de la Chambre; que vous vous mettrez en peine de savoir, entendre et accomplir de tout votre pouvoir les Ordonnances, et généralement ferez comme un bon officier doit faire en son office. »
Et le candidat répondait par la parole « d'attestation divine » .
Enfin, voici les très curieuses formules en usage chez les Patrons de métiers, au temps des corporations 2.
Les pâtissiers et cuisiniers, par exemple, avaient à répondre à la question suivante : « Vous jurez Dieu, votre Père et Créateur, sur la part que vous prétendez au Paradis ! que garderez toute fidélité au roi, votre sire, et porterez obéissance aux mayeurs et échevins et jurés, vos magistrats; — que n'attenterez et ne ferez attenter à rien, portant préjudice à ce royaume et manutention de cette ville en son obéissance; et que si aucune chose vient à votre connaissance, en avertirez les dits mayeurs et échevins, vos supérieurs; — que garderez et observerez fidèlement
1. Traité de la Chambre des Comptes, 1647, cité par M. Constant d'Yanville. Chambre des Comptes page 215 (1846, Dumoulin édit ). On compte dix présidents Nicolay, de 1506 à 1768, à la tête de la « Chambre des Comptes ».