‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 250 sur 285 · Le serment more judaïco, par M. E. Benoît-Levy, avocat · texte numérisé non relu

Le serment more judaïco, par M. E. Benoît-Levy, avocat

CEREMONIAL DU SERMENT. 868

ceci j'emploierais quelque fraude, que je sois éternellement maudit,dévoré et anéanti par le [ru dont Sodomeet Gomorrhe périrent... Mais si je dis vrai, et agis bien, qu'Adonaï me soil en aide, et rien de plus! »

En tout ras, d'après les docteurs juif s, pour qui « Israël est un monde dans Le moud.' ». |e sermenl judaïque ne àe\ ait point être requis par un « non-juif »,mais seulement outre coreligionnaires, lils de la Judée.

On peut voir dans Selden la raison donnée par 1rs anciens rabbins pour interdire le témoignage judiciaire aux femmes, aux esclaves, aux insensés, aux sourds, aux aveugles...

Ailleurs on voit qu'ils excluaient aussi du droit de témoigner les gens qui faisaient preuve de cupidité ou d'indignité relative : « ceux qui jouaient aux jeux de hasard, les usuriers, ceux qui enseignaient aux pigeons à voler et ceux qui vendaient les fruits de la septième année ». La terre devait, en effet, se reposer la septième année, et c'était violer la loi que d'en arracher les produits pour en faire argent1.

D'après les anciens interprètes du Talmud 2, pour que le serment put être entendu en justice, il fallait que la demande portât sur un ohjet valant au minimum deux naoth d'argent, et que le débiteur se reconnût devoir au moins une péroutah (la plus petite monnaie de cuivre) 3, sinon on se contentait de la parole de l'homme, selon ce que dit l'Écriture4.

On devait donner le serment debout, le Pentateuque à la main ou en tenant les phylactères, signes de protection : on désigne par là certaines bandes de parchemin ou de peau, sur lesquelles sont écrits des passages de l'Écriture Sainte. Ceux que les Juifs gardent quelquefois sur eux par piété, au bras notamment, portent le nom de zizis.

1. Aleatores, feneratores, qui coîumbas vvlare docent... (Michna, notes de Maimonide. V. Traité de Judicat., 1740, p. 391.)

2. Talmud, livre contenant la législation religieuse des Juifs, depuis le IIe siècle de l'ère chrétienne.

B. Cependant Rab Anam dit que l'on ne considère pas la valeur des objets; et qu'en conséquence si un demandeur réclame deux aiguilla et que le défendeur avoue en devoir une, le serment sera admissible quoique la valeur soit inférieure à deux naoth. (Législat. du Talmud, Y, p. 10, loc. cit.)

4. Lf g Mat ion du Talmud, de Rabbinowicz, V, 6. Traité Schebouoth.

HI-TOIRE DES CROTAXCK8. — I. 23

L'histoire a conservé le souvenir de plusieurs serments occultes : l'un d'eux présente des particularités intéressantes.

Sous Louis XVIII .furent dénoncées nombre de conspirations, vraies ou fausses. L'une des plus célèbres est celle de Y Épingle noire , dont les affiliés se reconnaissaient au nœud de leur cravate, fait d'une certaine manière et orné d'une grosse épingle noire à facettes.

Les initiés se liaient entre eux par le serment suivant : « L. M. D. S. L. C. *, je jure par l'honneur, de consacrer ma fortune et ma vie pour relever mon pays du joug qui l'opprime; je jure d'employer toutes mes forces à propager les principes qui m'animent. Si j'ai la lâcheté de trahir mes serments, je voue ma tête à la mort. »

Nombre de serviteurs passionnés de l'Empereur déchu, prêtèrent ce serment pour témoigner de leur fidélité à l'illustre captif de Sainte-Hélène.

Dans la catégorie des serments occultes, il y a lieu de compter celui échangé entre Francs-Maçons.

Un des plus usités est maintenu dans le rite écossais : « Moi, de ma propre et libre volonté, en présence du Grand Architecte de l'Univers, qui est Dieu, et de cette respectable assemblée de Maçons, je jure et promets solennellement et sincèrement de ne jamais révéler aucun des mystères de la Franc- Maçonnerie qui vont m'être confiés , si ce n'est à un bon et légitime maçon ou dans une loge reconnue; de ne jamais écrire, graver, imprimer, tracer ni former aucun caractère pour que ces secrets puissent être dévoilés... Je préférerais avoir la gorge coupée, être enterré dans les sables de la mer, afin que le flux et reflux m'emportent dans un éternel oubli, plutôt que de manquer à ma parole. Que le Grand Architecte de l'Univers me soit en aide! Amen! »

Ce rituel a semblé trop religieux à la plupart des Francs-Maçons modernes, dont plus d'un professe l'athéisme; puis ces imprécations un peu sauvages, ne laissaient pas que d'impressionner d'une façon assez désagréable les candidats. Aussi a-t-on

1. Ces initiales signifiaient : (( La main droite sur le cœur, je jure... )) Ces lettres mystérieuses servaient aussi de signe de ralliement dans la correspondance échangée entre les ce Amis de la Patrie ».

CEREMONIAL DU BEBMENT. 355

trouvé expédienl de supprimer ces graves paroles e\ de les remplacer par une promesse plus vague qui n'est pas un serment, car le nom de la Divinité en esl banni complètement. I-»' candidal amené devant le bureau du Vénérable, pose La main sur uerre} « emblème de la rectitude et <lu droit », et promet de travailler avec zèle et constance à l'œuvre de la Franc-Maçonnerit

Devenu « maître », le Franc-Maçon s'engage, non plus sur l'équerre, mais sur l'acacia. « symbole de renaissance et de vivi- Gcation »?

Pendant que le récipiendaire met La main sur la branche d'acacia, de s m côté le « Très Respectable » prend son glaive de la main gauebe, retend sur la tète du candidat, saisit de la main droite le maillet, et prononce l'adoption du nouveau

maître ».

Arrivé au crade de Rose Croix et de Qadoch, le franc-maçon se lie encore par d'autres engagements qu'il serait trop long de rapporter ici. Toutefois il y a lieu de signaler que, pour le Qadoch, le texte sort de la banalité observée pour les grades inférieurs, car il promet « de combattre la superstition et le fanatisme par tous les moyens, même au péril de sa vie ».

On sait ce qu'il faut comprendre par ces expressions atténuées, mais significatives néanmoins2.

Parmi les serments de forme particulière, un des plus fréquents est assurément celui des époux aux pieds des autels. En voici le texte d'après la liturgie romaine : Le prêtre : « N..., vous déclarez que vous prenez maintenant N..., ici présente, pour votre femme et légitime épouse, selon le rite de notre sainte mère l'Eglise? — Oui. » Et le prêtre ajoute : « Vous promettez et jurez de lui garder fidélité en toutes choses, comme un fidèle époux le doit à son épouse, selon les commandements de Dieu? — Oui. »

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