Lehr, Droit civil russe
conciliables ou du moins très différentes, il est à craindre qu'au fond du cœur ne se prépare, ne s'élabore un parjure.
Pour accentuer davantage la sainteté du serment, « sorte de sacrement1 », la loi ^sse veut qu'il soit prêté clans une église, selon la religion professée, et conformément aux rites consacrés par elle. Enfin au dernier moment, un ecclésiastique, renouvelant la mission conciliante du magistrat, rappelle aux plaideurs la sainteté de l'adjuration et les peines du parjure.
Imitant en cela la plupart des législations, le code russe n'admet plus le serment quand il s'agit de question d'état, de titre authentique ou de propriété immobilière : il y a là en jeu des intérêts trop graves pour les faire dépendre de la seule parole humaine.
Parmi les personnes incapables d'être témoins, en Russie, citons : les enfants contre leurs parents, les confesseurs, les interdits et les excommuniés. Les mineurs de sept à quatorze ans peuvent être entendus, comme en France, en vertu du pouvoir discrétionnaire du magistrat, mais sans prêter serment (art. 85 et 372).
Quand des prêtres sont appelés à la barre , ils sont dispensés de jurer du moment qu'ils appartiennent à l'une des confessions chrétiennes, leur caractère étant, pour le Russe, une garantie de véracité justifiant cette exception (art. 96, 396).
Partout dans les lois et les coutumiers des peuples nous pourrions retrouver les idées générales que nous avons dégagées de l'institution du serment. Prenons, au hasard, un pays de civilisation moyenne , tel que le Cambodge. Nous y voyons qu'aux termes du Sachkedeu Lakkhana, celui qui est soumis au serment ou pram-théam , doit faire une retraite de trois jours en costume blanc. Ensuite le juge se rend au temple ou bonzerie, devant la statue du Bouddha, et dit : « Si je n'interroge pas selon la vérité, que jamais en cette vie, ni en quelque endroit que je renaisse, je ne jouisse de Préat-Pont ! » (Bouddha en cambodgien). Alors, un lettré (achar) lit devant le Ti-arac, génie du lieu, une série d'imprécations contre les parjures : et le plaideur acquiesce, en répondant avec respect : « Salhoc! » {amen). En parlant des