‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 28 sur 285 · I.A CROYANCE AT GRA1 D ESPRIT · texte numérisé non relu

I.A CROYANCE AT GRA1 D ESPRIT

En tout ceci, La grande préoccupation des Noirs est de ne point attirer L'attention sur eux! tant il Leur semble naturel que la plupart dos Esprits no se servenl <lo Leur puissance que pour se venger des faibles moi-tels, ou les tyranniser à plaisir.

Ils jugent Dieu d'après eux-mêmes, lui prêtant les sentiments qu'ils auraieni à sa place.

Répondant d'une façon directe aux accusations d'athéisme formulées contre Les habitants du Gabon, un missionnaire qui a vécu quinze ans dans la région, s'exprimait ainsi en 1896 devant la Société anti-esclavagiste : « Certains auteurs ont écrit qu'il existe des peuplades n'ayant aucune idée de la Divinité. Après avoir moi-même vu, et interrogé dans leur langue, les sauvages de huit races différentes n'ayant jamais été en contact avec les Européens, fai trouvé Dieu partout : au Gabon, chez toutes les tribus de L'Ogowé : Galoas, Ivilis, Ishogos, Ashangos et Pobès, partout j'ai entendu prononcer le nom de Dieu, et partout ce nom est reconnu grand et saint. Les Ivilis l'appellent Nzambi, les Galoas, Agnambié, et les autres races, Mouanga. Les Pahouins euxmêmes, quoique anthropophages incorrigibles, croient à un être suprême qui habite l'Occident... Mais à la notion de Dieu se sont mêlées de grossières erreurs et d'absurdes croyances... A côté de Dieu, nos Noirs placent de mauvais génies tels que l'ombouiri qui passe pour être la cause de la douleur et de la mort : aussi nombre de sacrifices lui sont-ils offerts. Le Noir est-il malade? c'est que l'ombouiri lui en veut; et pour obtenir sa guérison, il lui ofl're en expiation une poule, une chèvre ou un esclave. La peste ou la guerre désole-t-elle les villages? Pour calmer les esprits irrités, les féticheurs consultent des cornes d'antilope dans lesquelles ils ont mis du sang, de la poudre, un crochet de vipère, des ossements humains et un miroir; puis ils forcent les habitants à passer devant pour découvrir, d'après les reflets du miroir, le coupable qui sur-le-champ est enterré vivant, ou étouffé *. »

On a invoqué en faveur de l'athéisme la haute autorité de Livingstone : eh bien! l'argument est des plus malencontreux pour les incrédules.

Page 1