LA CROYANCE M GRAND ESPRIT
lectuelle ne sait jamais apercevoir que des choses ridicules. Or, quand on se rend compte de ce mythe, on comprend que le Noir- Corbeau-Créateur yehl n'est que L'image de L'Esprit « qui couva Longtemps L'obscur chaos dans Le ciel noie. »
Eu un sens, les symboles ne sont-ils pas Le muet Langage de l'humanité? et l'oiseau ne 6gure-t-i] point partout l'esprit, comme Le glaive, Lui, évoque L'idée belliqueuse?
Le totem ou porte-bonheur des Peaux-Rouges n'étant autre chose, avons-nous vu, qu'un animal déterminé, dans Lequel serait incarné un génie protecteur, il en résulte chez l'indigène cette singulière conviction qu'il es! parent de V animal dans lequel réside L'Esprit qui l'assiste.
L'extravagance de cette opinion diminuera beaucoup, si Ton reniai) pie que le Peau -Rouge admet que l'âme d'un ancêtre ot venue, au moment de la mort, prendre gite dans le corps de la bète qui sert de totem.
A raison de cette supposition, non seulement on ne tuera jamais l'animal qu'on a pour totem, mais on l'invoquera comme protecteur; le Peau-Rouge en imprimera la marque sur son corps, sur ses vêtements, sur ses armes : « ce sera le blason de famille dévotement respecté1. »
C'est durant le sommeil « qui met l'homme en communication tv.c le monde supérieur », que le totem, dit-on, se révélera : rêver chien, rêver chat, crocodile, singe ou corbeau, équivaut à une désignation divine de l'animal, qui sera désormais un esprit familier, un « père » pour le Peau-Rouge.
Quoique très rudimentaire, la théologie des Esquimaux n'en est pas moins significative.
Vivant sous un climat glacé, dans un pays désolé, dépourvu de toutes les richesses de la nature ; n'ayant ni combustible, ni fruits ni bétail en quelque sorte , et ne soutenant sa vie misérable que grâce à l'huile nauséabonde du poisson, ou au sang indigeste du phoque, le pauvre Esquimau ne voit dans la Terre, si avare pour lui, qu'une divinité méchante, et place au Ciel le Dieu bon, Le chef des Esprits, Torngarsouk. Au-dessous de lui sont les es-