‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 49 sur 285 · Hérodote, II, 6$; Diodore, I · texte numérisé non relu

Hérodote, II, 6$; Diodore, I

Bien des affirmations d'Hérodote, taxées jadis de "purs romans, se vérifient peu à peu.

Notre hôte, dit-il, grand personnage d'Arsinoé qui nous montrait les choses saintes, prit desgâteaux, de La viande rôtie, une boisson mêlée de miel el nous emmena au lac... La bête était couchée sur le rivage. Les prêtres B'approchèrenl d'elle; doux d'entre eux lui ouvrirent la gueule où un troisième introduisit d'abord le gâteau, puis le rôti, enfin la boisson : alors l'aniinal courut se jeter dans l'eau et uagea \ers le bord opposé. On autre étranger ('tant survenu avec la même offrande, les prêtres la reçurent également, tirent le tour du lac, rattrapèrent le crocodile, et lui firent accepter de la même manière L'offrande de victuailles. » Toute personne qui périssait déchirée par un crocodile, était ensevelie par les prêtres du Nil dans une tombe sacrée, à Fendroit même où elle avait trouvé la mort. Ni amis, ni parents, ne pouvaient toucher à ce cadavre, « comme si un semblable trépas faisait de la victime quelque chose de plus qu'un homme quelconque! » ajoute Hérodote1.

Les habitants d'Ombos ', dit Elien, portaient même le fanatisme jusqua se réjouir lorsque leurs enfants étaient mangés par les crocodiles : ils regardaient cette mort comme une faveur.

Ces exemples de férocité chez les crocodiles sacrés, semblent contredire l'opinion de Geoffroy Saint-Hilaire, qui voyait dans l'affreux lézard gardé par les prêtres d'Egypte, un genre à part, très doux, au contraire, disait-il.

Les faits que nous venons de rapporter, d'après Strabon, sur la facilité avec laquelle les prêtres s'approchaient des crocodiles et les nourrissaient, ne sont point incompatibles avec ceux qui précèdent : tous les jours on voit des gardiens ou des dompteurs dominer et manier avec sécurité des animaux féroces qui dévoreraient infailliblement des étrangers.

Pourquoi, en tout cas, vénérait-on cette affreuse bête, la gloire de Crocodiiopolis? Parce que cet amphibie était dédié à Set,

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