Diodore, T
2. Sous la tête des momies se plaçaient aussi des talismans ou hypocéphales.
3. L'ateuche est classé parmi le3 coprophages, c'est-à-dire qu'il .se nourrit de fiente.
Le rapprochement n'est-il pas remarquable, et l'allusion évidente entre toutes?
L'insecte fangeux n'était donc qu'un emblème du Créateur des globes célestes; et, comme tel, il figurait avec honneur parmi les signes du zodiaque, dans les tableaux sacrés, dans les cartouches royaux, et aussi comme ornement pieux1.
Une autre particularité explique le rôle du scarabée : naissant dans la pourriture, ou plutôt réputé né de la pourriture, il était encore l'image de la résurrection.
Ainsi, vénérer un scarabée, un chat, un crocodile, semblait alors un acte religieux.
Quoi de plus invraisemblable aussi qu'un culte rendu à des singes!
La chose toutefois s'expliquera, si l'on se rappelle que le singe cynocéphale, ainsi que le chacal, était consacré au dieu Anubis; aussi, à Hermopolis et à Thèbes, a-t-on trouvé des momies de singes et de musaraignes, l'animal préféré de la déesse Buto 2.
De même, si le taureau Apis ou Hapi était vénéré, c'était comme souvenir vivant du dieu Osiris, qui était réputé avoir pris la forme d'un taureau : les monuments et les papyrus confirment le fait, par le rapprochement de ces deux mots dans les inscriptions : Osiris-Apis, ou Hapi-Osiris.
Le taureau choisi devait être tout noir, avec une marque blanche et carrée sur le front, et une autre marque en forme de croissant placée sur le flanc; une troisième tache sous la langue devait accuser la forme d'un scarabée. Au total, il ne fallait pas moins de 29 signes différents pour qu'il pût être considéré comme l'habitacle du dieu Osiris, et mériter les honneurs en conséquence.
L'attitude et Jes mouvements du taureau étaient observés par les prêtres, qui en tiraient des présages divers.
On le nourrissait à Memphis dans un temple magnifique. Au bout de vingt-cinq ans, son règne prenait fin quand même; et
1. Les scarabées mortuaires surtout portaient, gravées, de courtes prières. L'idée de protection divine est en effet corrélative de toute foi religieuse.