Champollion ; v. Max Duncker
juges rendaient un arrêt qui privait le corps de la sépulture légale. Au contraire, l'accusation était-elle sans fondement? de fortes amendes étaient infligées au calomniateur. Ce n'était qu'après ce jugement que les parents, obéissant à leur tendresse naturelle, faisaient l'éloge du mort et de ses vertus, invoquaient les dieux pour lui et les suppliaient de l'admettre dans les demeures réservées aux justes. Les rois, comme les autres hommes, subissaient cette épreuve posthume, et certains Pharaons qui s'étaient fait construire à grands frais de splendides tombeaux, furent jugés indignes des honneurs de la sépulture1. »
Les collections d'antiquités égyptiennes renferment un grand nombre de figurines, en terre émaillée ou en bois, provenant de tombeaux : un chapitre du plus important des livres sacrés de l'Egypte, le Rituel funéraire, en rappelle la signification.
On déposait près du mort ces petites figures, destinées à remplacer et compenser toutes les prières, cérémonies funéraires ou offrandes, qu'on aurait négligé de faire selon les rites.
Aussi ces statuettes étaient-elles appelées du nom significatif de « figurines d'omission ou de substitution ».
Le sentiment de piété envers les morts se traduisait par un véritable culte. Les vivants priaient pour les défunts, et l'âme elle-même implorait la miséricorde de son Juge céleste dans les termes suivants : « Louange à toi, Grand Dieu! lui disait-elle, Seigneur de la Vérité! —Je comparais devant Toi, ô Seigneur; je me présente devant toi pour voir ta bonté. — J'ai reconnu et je reconnais ton nom. — Je connais les noms des quarante-deux dieux qui siègent avec Toi dans la salle de la vérité..., où il faudra rendre compte devant Osiris, le dieu parfait. Forteresse des Esprits! Seigneur de la vérité! voilà ton nom2... »
Les âmes des hommes injustes qui n'avaient point été condamnées sans rémission, étaient seules assujetties à la migration expiatoire dans le corps d'animaux variés; et le voyage se prolongeait autant qu'il fallait, fût-ce. trois mille ans, pour que l'âme, purifiée par ces épreuves, pût être accueillie chez le dieu du