La plume d'autruche représentait la Vérité et le Droit
Le peuple de Chaldée admettait l'existence d'Esprits (Ze), personnifications des forces ou des phénomènes naturels; puis, de grandes divinités étaient censées présider trois régions de l'univers : Anna dans le ciel , Moulgé dans les enfers. Ea sur la terre. Toutefois, au sommet de la hiérarchie, trône le dieu suprême Ilou, appelé plus tard Assour à Ninive : de lui émana le chaos primordial et la matière encore informe.
« Au fond des religions kouschites nous retrouvons un Dieu un, en tant que la matière émane de lui; mais multiple en ce sens que chacun des actes qu'il accomplit sur la matière est considéré comme produit par autant d'êtres distincts, et porte un nom spécial : Anou, Bel, Sin, Mardouk, ne sont que les noms d'une substance unique1. »
L'écriture originaire des Touraniens2, comme celle des Égyptiens , se bornait au dessin de la chose qu'on voulait représenter, ou d'un objet offrant quelque analogie avec la pensée abstraite qu'on entendait exprimer.
Par exemple , l'idée de Dieu s'écrivait au moyen d'une étoile à huit pointes; celle d'un roi, par une abeille : allusion aux mœurs monarchiques des mouches à miel...
Les êtres divins étaient supposés s'unir à des déesses ou parèdres féminines; et, en vertu d'une logique naturelle, il y avait là pour l'esprit populaire autant de souches de familles divines, issues d'un chef commun, dont le nombre de descendants pouvait être réputé infini, puisque rien ne limitait la série de ces générations purement imaginaires.
Faut-il s'étonner que le polythéisme et le panthéisme soient nés de conceptions de ce genre? En pareil cas, l'envahissement du divin, si nous pouvons nous exprimer ainsi, n'ayant pas de mesure, l'homme en arrivait à supposer Dieu un peu partout dans la création 3.