Dentér., x.w
Au temps de Notre-Seigneur, on priait aussi avant et après les repas : c'était le père de famille qui bénissait les mets servis, et qui rendait au Ciel des actions de grâces avant de quitter la table. On ne sait point précisément en quels termes étaient conçues ces prières; mais la formule rapportée dans le Talmud est celle-ci : « Béni sois-tu, Seigneur, notre Dieu! Roi du monde, qui produisle pain de la terre. Béni sois-tu! qui as créé le fruit de la vigne. »
Ce que nous savons des religions de l'antiquité, permet de conclure en faveur de la supériorité évidente de la religion des Juifs sur celle des autres peuples, avant l'apparition du christianisme.
Seuls les Juifs, au milieu du polythéisme général, qui les contamina souvent, sauvegardèrent quand même* l'idée d'unité de Dieu. Leurs institutions, très imparfaites si on les compare aux lois épurées par le christianisme, furent cependant supérieures à celles des autres nations même plus civilisées, la loi morale étant indépendante des recherches du bien-être et des élégances de l'art. Enfin la législation de Moïse se montrait déjà plus parfaite assurément que les doctrines philosophiques les plus vantées.
Et peut-être sera-t-il constaté un jour que les belles pensées qu'on retrouve dans les religions de l'Inde ou de la Perse, dont on exagère tant l'antiquité, peuvent être un écho des Conseils de Tobie qui, dit la Bible, s'établit dans ce pays, et dont les descendants persévérèrent à adorer le vrai Dieu et à le faire connaître, en exerçant la charité.
La religion des Phéniciens ressemblait beaucoup à celle de Babylone et de Ninive, mais était cruelle. Le Dieu principal était Baal (le Maître), représentant le pouvoir créateur et le soleil. Chaque ville avait son Baal particulier, souvent désigné par des noms adjoints que l'on prit dans la suite pour des divinités indépendantes. Moloch était l'un de ces noms : on le supposait assoiffé de sang humain; et c'est sur les mains du dieu d'airain que les parents venaient déposer des nouveau-nés, qu'un mécanisme lançait au milieu d'un grand brasier.
Les Phéniciens vénéraient aussi les pierres tombées des astres, les aérolithes, qui contenaient, d'après eux, une petite divinité ;
de même les Grecs les appelaient bétyles, c'est-à-dire demeure des dieux.
A Cartilage, le dieu principal était Baal-Hamon ou Baal-Brûlant, dieu soleil auquel, comme en Phénicie, on immolait des prisonniers de guerre e1 des enfants : pendant le siège de Cartilage par Agathocle, les chois de la ville lui sacrifièrent deux cents (Mitants en une fois.
Les ex-voto carthaginois, les stries votives, dont on possède de nombreux spécimens, montrent les habitudes religieuses de ce peuple : le symbole de l'ex-voto est tantôt une main ouverte dirigée vers le ciel, tantôt des oreilles destinées à écouter les prières des hommes : autant d'emblèmes qui rappellent la formule inscrite sur ces pierres votives : « Parce qu'il a entendu sa voix, qu'il le bénisse { ! »
Tout en conservant la croyance à un être suprême d'essence unique, les peuples aryens 2 avaient profondément défiguré la vraie idée de Dieu, et divinisé les forces naturelles, le feu, et le soleil : aussi leur culte se célébrait-il en plein air sur les montagnes, devant la flamme d'un bûcher.
Voulant réagir contre le polythéisme, Zoroastre enseigna qu'il n'existait que deux principes dans le monde, un bon et éternel, Ormuzd; l'autre, génie du mal, Ahriman3. La doctrine de Zoroastre contenue dans l'Àvesta ^livre sacré des Perses écrit, dit la légende, sur 1.200 peaux de vache cousues avec des fils d'or), fut, malgré ses imperfections, une réforme utile. Les descendants des familles perses réfugiées dans l'Inde et restées fidèles au Zoioastrisme, portent le nom de Parsis; nous en parlerons en analysant les religions actuelles.
Voici comment on invoquait « le Souverain qui sait tout », c'est-à-dire Ahura-Mazda4, manifesté sous la forme du soleil : «Je célèbre le créateur, lumineux, resplendissant, très grand, très