Loi», IV : Timée
Quelle était Y attitude des Grecs en prière?
Ils ne se tenaient jamais à genoux, mais debout ou assis. Ils commençaient toujours leurs oraisons par des bénédictions et par des souhaits; et lorsqu'ils les allaient réciter dans les temples, ils se purifiaient auparavant avec de l'eau lustrale, qui n'était autre chose que de l'eau commune dans laquelle on éteignait un tison ardent, tiré du foyer des sacrifices. Cette eau était renfermée dans des vases que l'on déposait dans le vestibule des temples, sur les places publiques et dans les carrefours.
Il y avait deux modes de purifications, où l'on employait cette eau sacrée : l'une pour les mains seulement, et l'autre pour tout le corps. Dans cette dernière cérémonie lustrale, les Grecs se frottaient à' argile et de son.
Avant d'entreprendre un voyage , ils adressaient des prières à différentes divinités, souvent au dieu tutélaire de l'endroit qu'ils quittaient, quelquefois à celui des lieux où ils passaient, et d'autres fois aux Divinités des villes où ils se rendaient.
Lorsqu'on s'embarquait, on invoquait Neptune à qui on immolait une génisse. Les pêcheurs ne manquaient jamais de se mettre sous sa protection lorsqu'ils allaient sur mer; ils lui offraient en sacrifice le premier thon capturé.
Aux prières, les Grecs joignaient des libations et des jeunes.
Les libations surtout étaient très fréquentes chez eux : ils en faisaient à presque toutes les heures du jour : le matin et le soir, lors des sacrifices, des mariages, des funérailles ou des traités. La libation proprement dite consistait à répandre à terre ou dans le feu, des liqueurs, du vin, de l'eau, de l'huile ou du lait.
Pour les offrandes, on choisissait dans les viandes le morceau le meilleur, et on le brûlait en l'honneur du dieu.
Les statues des dieux étaient dressées au milieu des temples, sur un piédestal élevé. La coiffure ordinaire de ces statues était les cheveux relevés sur le front et retenus avec un bandeau : une espèce de long bâton, courbé par le haut, passait pour l'un des attributs de la Divinité. On défendait aux statuaires et à tous autres ouvriers de graver leur nom sur les monuments qu'ils érigeaient en l'honneur des Divinités.
Les Grecs donnaient toujours à leurs autels la forme ronde,
LA PRIÈBE BT L'ADORATION DANS L'ANTIQUITÉ.
qu'ils regardaient comme sacrée. Les autels destinés aux sacrifices se plaçaient en plein air, en dehors des temples.
L'usage de boucliers votifs était très fréquent. Cette reproductiou de la pièce la plus importante el la plus utile de toute l'armure, consistait en un disque de métal, d'or <>u d'argent, que L'on consacrait aux dieux et que l'on suspendait à la voûte, aux colonnes ou aux portiques des temples, soit comme actions de grâces au retour d'une expédition militaire, soiten L'honneurde héros défunts, afin de perpétuer la mémoire de leurs hauts faits.
On donna d'abord le nom d'orgies à toutes sortes de sacrifices: dans la suite, le mot ne désigna <pic ceux célébrés en l'honneur de Bacchus, au début d'une guerre ou au moment d'une bataille.
Par les sacrifices on se proposait d'honorer des dieux, de consulter leur volonté, ou de se les rendre propices. Avant l'immolation on dorait les cornes des grandes victimes, telles que le bœuf et le taureau. Pour les petites victimes, comme le bouc et le bélier, on les couronnait seulement des feuilles de l'arbre consacré par l'usage à la Divinité.
On déposait au pied de l'autel les corbeilles sacrées contenant tout ce qui servait à la cérémonie : offrandes, couteaux, patères1, et autres ustensiles. Ces corbeilles étaient portées par des personnes distinguées, appelées Canéphores. Une fois la victime arrivée près de l'autel, on versait sur sa tête, avant de l'égorger, quelques poignées d'orge rôtie et du sel; et quand le sacrifice était destiné aux Divinités célestes, on tournait vers le ciel la tète de Tanimal.
Rien de plus minutieux que les rites et les usages dans ces sortes de cérémonies. Les Grecs croyaient que la totalité de la graisse de la victime appartenait au dieu; c'est pourquoi ils la faisaient brûler complètement sur l'autel, après avoir enveloppé d'une double toile les cuisses qu'ils regardaient comme la partie la meilleure. Sur la toile contenant les morceaux principaux, ils mettaient de petits lambeaux des autres parties de l'animal, en signe de prémices.
Telle était la part du dieu*