Coupes évasée?, en usage dans les sacrifices
On dc brûlait pas sur l'autel les entrailles ni le ventre; on les gardait « pour les farcir et les servir à table ».
En Ionie et dans l'Attique, les festins des sacrifices se terminaient par l'offrande à Mercure des langues des victimes ; et des libations étaient répandues sur ces langues pendant qu'elles grillaient sur l'autel.
Le sacrifice portait des noms différents, selon le mode et le nombre des immolations.
Il y avait sacrifice simple, quand on mangeait la victime presque entière; holocauste, quand tout l'animal était consumé; hécatombe, quand il s'agissait de cent têtes de bétail.
Si le Grec offrait un sacrifice, c'était moins pour honorer la divinité que pour en obtenir quelque chose. Avant d'adresser sa demande, il se purifiait, revêtait une robe neuve, et debout, les mains élevées, prononçait la formule du rituel, non sans avoir, au préalable, attiré l'attention du dieu en l'interpellant ainsi : « Écoute-moi! »
Puis il exposait sa requête pieuse.
Souvent, dans la crainte de n'être point compris, de mal qualifier le dieu ou de se servir de paroles déplacées, le Grec demandait au prêtre de l'assister, et de lui souffler à ï oreille les paroles qu'il devait prononcer pour être agréable...
On dirait que, tout en ayant la ferme intention de complaire à la vraie Divinité , il avait conscience que la personnalité appelée Zeus, pourrait bien, à la rigueur, n'être point Celle ayant droit aux adorations, que l'homme pieux éprouve le besoin de faire monter avec l'encens.
Outre les sacrifices et les prières, les Grecs admettaient encore certaines réjouissances comme faisant partie de la religion. Ils croyaient que les Dieux aimaient la joie, la danse, les chants, les spectacles, et qu'on devait s'y livrer en leur honneur. Ces fêtes, qui consistaient aussi en courses, exercices et luttes, se donnaient devant les autels ou à l'intérieur des temples.
Le culte usité chez les Grecs, comprenait encore la divination, les présages et les oracles, dont nous parlerons au chapitre des superstitions.
1\'. Les offrandes propitiatoires, les sacrifices d'expiation, les souffrances bénévolement endurées, les hymnes, les chants,
parfois même la danse, sont autant d'actes', autant de inodes universels de glorification, admis par la piété instinctive de l'homme... Mais, entre tons et au premier rang, il convient de placer d'abord les signes de Vadoration, cette solennelle manifestation spiritualiste, qui esl l'une des formes de la prière.
L'étymologie du mot adoration expliquera pourquoi nous avons réservé pour ce chapitre, sur la religion romaine, l'analyse de cette aspiration pieuse, qui est aussi vieille que l'humanité.
Si l'on >e reporte à l'étymologie de l'expression consacrée pour désigner le culte suprême à l'égard de la divinité, adorer viendrait de ces deux mots, ad (vers), os (bouche), et ne serait que l'exacte description de l'attitude prise par l'homme, quand il invoque la Puissance céleste.
Le r.>te. langage muet, mais des plus expressifs, est commun à tous les peuples. Or, de même que l'enfant et le sauvage savent traduire, par une mimique significative, le sentiment d'éloignement inspiré par le blâme et la répulsion; de même celui qui conjure, implore ou demande du secours, lève instinctivement les bras xersle vengeur espéré, ou vers le protecteur auquel il recourt dans sa détresse.
Pareil appel pourra donc, selon l'intention de l'artiste, se traduire par l'élévation des mains, non seulement à la hauteur du visage, mais même au-dessus de la tête, comme on peut le constater, par exemple, dans la statue de l'Adorant, du musée de Berlin; ou au contraire, le geste du personnage en prière s'arrêtera au-dessous de la bouche, si la figure ne doit indiquer qu'une prière discrète et timide : telle est l'Orante de l'ancienne collection Borghèse1.
.Mais quels étaient, au juste, à Rome, la forme et l'aspectde cette élévation » physique, correspondant si bien à celle del'ame?
Selon certains auteurs, l'attitude équivalait à un baiser envoyé à la Divinité. Selon d'autres, celui qui priait portait les main- à La bouche, comme pour lancer sa prière vers les régions