‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 73 sur 285 · Rappelons l'étymologie eid'Aon, image, forme · texte numérisé non relu

Rappelons l'étymologie eid'Aon, image, forme

s'est vu ravir par la mort, à la fleur de l'âge, un fils tendrement aimé : pour se consoler, il a fait faire l'image de l'enfant envolé ; et, à cette figure, il rend au foyer un véritable culte. Bientôt la superstition se répand à l'entour, et d'un dieu particulier on fait un Dieu commun1. »

A l'appui de cette remarque on peut citer, par exemple, Synophanes , qui fit accepter son fils parmi les dieux nationaux.

De môme plus tard, on voit Gicéron, à la mort de sa chère fille Tulliola2, entreprendre d'obtenir pour elle les hommages divins.

Ce détail, peu connu, est à rappeler.

« Si, écrit-il, on a élevé au ciel les enfants de Cadmus, d'Amphitryon et de Pindare, pourquoi ne pas rendre à ma Tulliola des honneurs pareils? Oui, mon enfant! je te placerai au rang des dieux et je te ferai rendre les honneurs divins, comme à une déesse, par tous les hommes, et avec l'approbation môme des Dieux immortels3. »

Comment ce père trop tendre obtiendra-t-il des Immortels la ratification de ses vœux?... Il n'en dit rien.

N'importe ! l'intérêt de l'épisode consiste surtout en ceci : le grand orateur romain ne se contente pas d'un culte privé ; il ne lui suffît pas de garder pieusement dans son cœur le souvenir de sa fille disparue ; il veut des hommages étrangers , et il ne rêve à rien moins qu'à la constitution d'un culte public, dont son enfant chérie serait l'objet.

D'autres fois , au contraire , c'est la piété filiale qui déifie un père regretté : Énée promet à son père Anchise de lui élever un temple 4, et ordonne à ses troupes de lui adresser des prières 5.

Le Livre de la Sagesse cite le cas suivant parmi les exemples d'idolâtrie possible : un sculpteur exécute une œuvre si belle, qu'à force de l'exalter, on finit par l'adorer, comme une divinité

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