De re rust
printemps, immoler en sacrifice une brebis, un taureau ou simplement un porc...
Les formalités pieuses étaient si compliquées et si rigoureuses, que c'était en tremblant que L'on approchait des autels, dans La crainte d'oublier ou de se méprendre : religion d'anxiété et de perpétue] effroi !
Écoutons ce qu'en dit Cicéron :
« Une parole de devin, l'inspection d'une victime, un mot qu'on entend, un oiseau qui passe, un chaldéen ou un aruspice qu'on rencontre, L'éclair qui brille, le tonnerre qui gronde, même le fait le plus insignifiant, tout enfin sert à nous épouvanter; et il ne nous est pas possible de goûter un moment de calme î II semble que la nuit devrait être pour nous une sorte d'asile où nous reposer de nos peines et de nos fatigues. Mais, non! c'est dans le sommeil que prennent naissance nos soucis et nos terreurs '. »
Il est si vrai que la religion romaine consistait en rites et non en sentiments, que l'on voit mettre en pratique les ruses et les fraudes les plus manifestes dans le culte rendu à la divinité.
Ainsi, au lieu de sacrifier un animal, le Romain s'estimait quitte envers le ciel, en écrasant une figurine en pâte ou en cire sur l'autel du dieu... Ou encore s'agissait-il, pour déclarer la guerre, de jeter un javelot sur le territoire ennemi?... On faisait acheter par un captif de la nation hostile une parcelle de terre romaine; puis, dans ce bout de champ réputé terre ennemie, le Fécial venait, en toute sécurité, jeter le défi2.
La « forme » étant respectée, le dieu devait être satisfait.
C'est à tort que l'on a accusé Cicéron d'athéisme, en arguant de certains passages de son traité sur les dieux. Lui-même se défend contre pareille imputation, et déclare qu'il n'a pas voulu contester l'existence des dieux : sa critique, dit-il, ne vise que les preuves données par les philosophes :i.
Sans doute, dans ses traités, il se rit des devins, alors que lui-