CHAPITRE IV
ADORATION DANS LES RELIGIONS ACTUELLES NON CHRÉTIENNES DES PEUPLES CIVILISÉS.
Los principaux CUltefl dans Llnde. —Que reste-t-il de la religion des Yédas? — Le prétendu christ hindou et le brahmanisme. — Pérégrination des âmes pendant 34.000 ans. — Incroyables prescriptions du Yoga. — Parallèle entre le Christianisme et la religion bouddhique; les 199 existences de Bouddha. — Le Nirvana et le sort, de la
femme dans l'autre vie. — Pourquoi la destruction de la vermine est réputée impie. — Le culte envers le> singes, en Hindoustan. — Formules de prières bouddhiques. — Les examens de prières cbei les Thibétains. — Mécaniques priantes : moulinets, tonneaux, arbres et mais à pi ières... — L'adoration dans les religions de la Chine. — Le dieu supéi ieur Tien ou Cbang-ti. — Le culte de l'épouse envers le mari. — Le sentiment de la prière au Japon. — Modalités de la prière des Juifs actuels. — Rites des musulmans ■cbjites dans les oraisons (roket) : orientation des épaules et du sourcil droit, position I talons...; mode de prosternation « quand on a une tumeur au front, quand les bottes sont étroites, etc.. »
Quittons l'antiquité pour aborder, dans ses particularités les plus saillantes, l'histoire des religions actuelles.
Nous les diviserons en plusieurs groupes principaux : religions de l'Inde, du Thibet, de la Chine, du Japon et de la Perse; Judaïsme actuel: Mahométisme; et comme couronnement le Christianisme, en donnant une place aux rites des schismatiques grecs, des Luthériens, des Calvinistes et de la Réforme en Angleterre.
Enfin, nous consacrerons quelques pages à l'examen des sectes extravagantes, et des prétendues religions philosophiques.
Les cultes des non-civilisés ont été suffisamment exposés au chapitre premier : il serait fastidieux d'y revenir à nouveau.
Commençons donc notre nouvelle enquête par ce que l'on sait de l'adoration <jt de la prière, dans les religions de l'Inde qui, prises dans leur ensemble, se subdivisent en trois périodes : 1 Les Védas; 2" le Brahmanisme ; et 3° le Bouddhisme l.
1 Nous croyons inutile de parler des sectes secondaires, telles que l'Indouïsme, ou •taire, et le Djaïnisme. variante du Bouddhisme, etc.
a. Bien que nous ne devions nous occuper dans ce chapitre que des religions actuellement pratiquées, nous ne saurions passer sous silence les origines religieuses de l'Inde védique, à peine de Me pouvoir indiquer l'évolution des idées et des pratiques religieuses, qui ont abouti au Brahmanisme et au Bouddhisme de nos jours.
« Examinée superficiellement, la religion des Védas, dit M. de Bunsen l, ne semble qu'une adoration des puissances naturelles; mais on y reconnaît bientôt quelque chose qui domine la matière. »
Dans le Védisme, le dieu du firmament se décompose en phénomènes célestes déifiés : Varouna, c'est le firmament, la voûte céleste, exactement le ciel; Indra, c'est l'atmosphère et la pluie bienfaisante; Aditi, l'espace; Dyaus, la lumière; Mitra, Savitri, Soûrya, trois formes du soleil; Vayou, le vent...
Les vocables divins ont différé selon les régions, et aussi selon les dates. Mais comme le Rig-Yéda2, le plus ancien des Védas, comprend, à lui seul, mille dix-sept hymnes en vers (mantras), composés pendant une période de plusieurs siècles, on s'explique les variantes des appellations religieuses dans l'Inde védique.
Ajoutons qu'un changement de nom ne supprime pas toujours l'identité de l'Être divin. Est-ce que ces appellations successives : Jéhovah, Elohim ou Adonaï ; puis Théos, Deus, Dieu..., ne s'adressent pas à la même personnalité divine?
En tout cas, il y a une tendance monothéiste certaine ; et les publications du Musée Guimet, en reconnaissant que : « les dieux de l'Inde se confondent ou se remplacent souvent, au point de sembler n'être que des formes différentes, de simples épithètes d'une divinité unique...3 », nous autorisent à conclure comme nous le faisons.
1. Dieu dans V histoire, trad. de Dietz. — En sanscrit, Véda signifie science.
2. On a cru d'abord que les quatre Yédas, recueil d'hymnes attribués à une légion de poètes, d'époques très différentes, et non datés, remontaient jusqu'au XXe siècle avant J.-C. ; puis on a accepté le VIIIe siècle comme date. Enfin nombre de savants européens, se basant sur l'introduction tardive de l'écriture dans l'Inde, les supposent contemporains d'Alexandre le Grand. Quant aux manuels ultérieurs, explicatifs des rites, ils portent le nom de Brâlnnanas.