‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 3)Chapitre 80 sur 285 · M. de Milloué, Relig. de l'Inde, p · texte numérisé non relu

M. de Milloué, Relig. de l'Inde, p

De plus, dans plusieurs hymnes védiques, il <*st clairement dit : « que tel ou tel dieu est, à Lui seul, tous les dieux. »

La divinité de l'Inde antique ne se préoccupe pas seulement «les intérêts matériels; mais elle éveille de nobles aspirations, comme <>u le voit dans celte touchante invocation pénitente, adressée à Varouna, d'après Le Rig-Véda :

Enlève de moi ma faute comme une chaîne, ô Varouna! — Ne permets point que le fil soit coupé, taudis que je tisse mon chaut! — Enlève de moi ma faute, comme on détache d'un veau la corde qui le retient! — Éloigne de moi mes propres fautes, et puissé-je ne point souffrir de celles des autres. »

Il s'agit bien là d'un Dieu conscient, intelligent et juste, et non point d'une force quelconque. Eh bien! chose à noter, le Dieu suprême, le Ciel personnifié en Varouna, dont la nature esi essentiellement spirituelle et morale, s'avilira avec le temps, à L'époque brahmanique, « au point de devenir un démon, illustré par les plus grossières légendes1 ».

La religion des Védas était bien supérieure à celle qui lui a succédé : cela contredit ceux qui soutiennent que les religions actuelles ne sont qu'un fétichisme perfectionné.

Parlant de Varouna, le Rig-Véda emploie encore cette curieuse comparaison : « Vers Lui la prière soupire, comme la vache après son é table. > Et rien n'est moins irrévérencieux que ce rapprochement, car pour les Aryas de l'Inde, la vache est la bête précieuse par excellence; aussi, quand la poésie voudra glorifier la déesse Aditi, le barde védique n'hésitera-t-il pas à la qualifier du nom de noble vache!

Tout dépend de l'idée et de l'intention : Homère ne comparait-il point ses héros à des ânes jeunes et vigoureux?

En dépit de tendances panthéistes, le Rig-Véda, tout en supposant les phénomènes de la nature doués d'une Aine, admet cependant un Dieu unique, notamment dans l'hymne 12lu du dixième livre, dont chacune des strophes a pour refrain cette

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