Vaicyas
Di aucun de ses descendants ne peut jamais sortir de sa condition : il y est rivé fatalement.
Sont « impurs » tous ceux non compris dans l'une des castes. Or quiconque fait partie de l'une des « quarante-quatre espèces d'hommes impurs », n'a le droit de posséder que des chiens et des ânes, des pots brisés pour plats, des habits de morts pour vêtements : il est exclu de la société et même de la religion.
Quant aux parias, les derniers de tous, ils sont réputés des êtres encore plus abjects : il ne leur est même pas permis de prononcer le nom de Dieu ! ainsi le déclare une ordonnance de Pratitcha consacrant une très ancienne coutume : « Manou a dit : il est défendu aux Tchandalas, impurs et esclaves, de nommer Brahma, l'être existant par lui-même, ni le mystérieux monosyllabe Aum. ni de lire, copier ou expliquer le Véda1. »
Seules, les trois castes supérieures ont le droit d'être instruites des dogmes religieux.
Autrement dit : les humbles sont en quelque sorte en dehors de la religion. C'est exactement le contraire de l'esprit chrétien.
Pour le brahmaniste, dans tous les êtres, hommes, animaux ou plantes, se trouve un souffle sorti de Brahma. A la mort, l'âme humaine est jugée, et, selon ses mérites, va habiter dans le corps d'un animal ou même dans Ta substance d'une plante. Cette expiation à travers les corps, jusqu'à ce que l'âme parvienne à la perfection et s'absorbe enfin dans Brahma, peut correspondre, dit-on, à un voyage de 24 millions d'années.
Les lois du législateur Manou2 contiennent des prescriptions d'une minutie invraisemblable. Il y est défendu :
« De se ronger les ongles à peine d'être classé parmi les impurs.
« D'arracher l'herbe avec les mains.
« D'écraser des mottes de terre.
« D'enjamber, quand on est brahmane, une corde à l'extrémité de laquelle un veau serait attaché.
« Que le brahmane ne boive pas d'eau dans le creux de sa main, et qu'il ne se gratte jamais la tête.