Le Bhâgavata fait partie de cette grande épopée
3. Ce poème, composé originairement de 15.000 vers, en compte 200.000 maintenant,
;ite des additions successives des Brahmanes. Voir la réfutation du livre de M. Jacolliot, par Ms* de Harlez.
4. L'interpolation consiste à introduire dans un ouvrage des passages qui lui sont étrangers.
la divinité est exaltée en légendes... L'identification de Krishna et de Christos, le Christ, est l'œuvre des théosophes1. »
La naissance d'un enfant illustre, survenue à minuit; les persécutions dont il est l'objet de la part d'un tyran jaloux, son oncle Kamça, qui redoute d'être détrôné; sa fuite dans le désert, pour éviter le massacre...; la mise à mort par son persécuteur de jeunes enfants de son âge, pour l'atteindre sûrement...; un démon qui tente de l'enlever...; un voyage qu'il entreprend au monde des enfers... : voilà quelques-uns des principaux épisodes qui, exploités et surtout complétés par des additions ultérieures2, semblent avoir été la base de la légende de ce personnage qui fût resté ignoré, sans le lustre qu'il a emprunté à la grande et souveraine personnalité du Messie.
Mais que l'on poursuive l'histoire de Krishna! que l'on fasse connaître maints autres épisodes de sa biographie, et l'on verra si l'artifice du parallèle ne devient pas manifeste. Pendant que Kershna mène une vie pastorale, sa conduite est des moins édifiantes : il dérobe les vêtements des bergères pendant qu'elles se baignent, et commet les pires méfaits. Puis il détourne les bergers du culte d'Indra qui se venge en envoyant de grandes inondations : « Alors Kershna, dit le texte, souleva sur le bout de son doigt le mont Govarddhina, en guise d'abri, et le garda ainsi pendant sept jours pour abriter les bergers. Devenu guerrier, il livra bataille à tous ses voisins, et fut l'occasion de la destruction d'une grande ville; il vainquit une hydre terrible, et devint le cocher glorieux du char d'Ardjouna... Enfin le chasseur Jaras l'ayant pris pour un cerf, lui décocha une flèche qui lui fit, au talon, une blessure mortelle, etc..
Ne croirait-on pas entendre l'histoire ancienne racontée par un jeune écolier, qui s'amuserait à confondre les choses pour récréer ses camarades?
Dans cette sorte de pêle-mêle historique, il y a de tout, en effet; car si la légende rappelle, par certains côtés, l'enfance du Christ,