Gr. Ecyclop., Boudd
LA l'IVIMTi: ET LA PRIÈRE : RELIGIONS ACTUELLES. 127
La plaie de « second rang1 » es! même interdite à la femme, son aMne étant réputée de nature inférieure.
Cette exclusioD est si bien enseignée, que (d'après la légende) la mère de Bouddha, pour mériter la Bodhi, dut être transformée en homme après sa mort.
Voilà doue déjà la moitié de l'humanité exclue du Nirvana, c'est-à-dire incapable de jamais arrêter le perpétue] renouvellement des vies qui, pour la femme, se succéderont sans fin, à moins qu'elle ne dépouille sa personnalité. Et cependant, selon Le mot de Çakia-Mounî : « Il est bien pénible de toujours revivre, pour toujours souffrir! »
Au Nord comme à l'Est, la foi bouddhique enseigne que l'homme lui-même, sauf exception, n'a l'espoir que d'arriver seulement au degré de vénérable, à'arhat, «. car le nirvana suprême est réservé aux religieux, et les laïcs ne sauraient y parvenir'1 ».
Telle est la théocratie inhumaine, telle est la doctrine déses- ; : ante que l'on a tenté de mettre en parallèle avec la loi de fraternité chrétienne : une religion où le vrai ciel n'est, au sortir de cette vie, que pour ses prêtres! une religion où la félicité est refusée à la « femme », si vertueuse qu'on la suppose!
Le nirvana n'est donc qu'une simple négation, que les métaphores bouddhistes représentent très justement sous l'image d'une lampe s* éteignant faute d'huile, comme l'explique Çakia- Mouni à ses disciples : « Le principe de changement auquel l'homme est soumis, entraine celui de la destruction. »
Oui! l'idée de cesser d'être; le désir « d'entrer dans le vide, et de ne pas reconstruire d'autres tentes », selon la formule bouddhique ; en un mot, la haine de l'existence, et l'espoir du néant, voilà le bouddhisme: tandis que le Christianisme, au contraire, est une ardent.' aspiration vers le Dieu vivant, vers l'amour pur et parfait, vers la vie sans fin.