Der Klapperstein
lement mis en pratique. On y voit l'instrument du supplice changer d'aspect et de nom suivant les lieux : ici il afïecte la forme d'une bouteille, et prend en conséquence le nom de « bouteille du geôlier1 »; là c'est la « pierre du crapaud2 » ; ailleurs, « la pierre d'ignominie3 », ou « pierre du vice4... ». Ces appellations diverses font supposer que toutes ces « pierres » n'étaient point destinées à punir uniquement les délits de parole.
L'emploi du Klapperstein s'est perpétué à Mulhouse jusqu'à la réunion de cette ville à la France, en 1798.
Dans l'ancienne Suède, celui qui se plaignait d'un vol était astreint à une procédure peu banale : il devait d'abord indiquer à ses voisins le coupable supposé ; puis, accompagné de deux témoins pris parmi eux, il se rendait « en chemise » au domicile suspect, et y procédait à une perquisition 5. Si l'inculpé voulait s'opposer à cette visite, le volé requérait ses voisins et pénétrait de vive force avec eux, écrit M. Schlyter jurisconsulte suédois.
Pourquoi le plaignant devait-il venir « en chemise »?
Il est probable que c'était dans la crainte que, par méchanceté, il n'apportât quelque objet dissimulé sous ses vêtements et ne le déposât lui-même chez son ennemi pour le compromettre. L'interprétation que nous donnons est vraisemblable; car la loi ajoute que s'il existait dans la maison suspecte une ouverture par où l'objet aurait pu être jeté du dehors, l'inculpé serait admis à se justifier avec douze cojureurs qui certifieraient sa probité.
Voici d'après une relation de quelle manière, chaque année les Groénlandais, dans un « festival » qui débute par des cérémonies religieuses, procèdent à des dénonciations publiques admises par la justice populaire.
Si un Groënlandais a un reproche à faire à un voisin, s'il éprouve un ressentiment à raison d'outrages reçus, au lieu de traduire devant les tribunaux son ennemi, il attend le jour de la fête.