Velléius Patercul., II, 118. — Grégoire de T.. II
3. Auspicia sortesque ut qui maxime observant (De morib. Germ., 10).
faussem ent « certifier son innocence sur la damnation de son àme », selon les termes du serment requis de l'inculpé.
D'après Tune des formes les plus anciennes de cette procédure, l'accusé appelé jurator ou sacramentalis1 prenait une poignée d'épis, et les jetait en l'air en attestant le ciel de son innocence.
Plus tard nous le verrons, une lance à la main, déclarer qu'il est prêt à « maintenir par le fer » ce qu'il affirme par serment : et c'est ainsi que ce défi se transforma en des épreuves judiciaires, imaginées pour conforter l'autorité des déclarations de" vant la justice.
L'imprudence qu'il y avait à constituer un individu juge et partie dans sa propre cause ayant engendré les plus scandaleux abus, il fut décidé que l'accusé, pour plus de garantie, ajouterait à sa propre affirmation celle de ses amis, ou de ses proches. Ces espèces de témoins portaient le nom de conjuratores ou compurgatores, et eux-mêmes devaient être prêts à soutenir par les armes leur déclaration : une Constitution du roi Gondebaud les y obligeait même formellement; mais en réalité ils se bornaient à donner une sorte de certificat de moralité, sans discuter le fond même de l'inculpation.
En dépit de ces garanties, le serment sans épreuves corporelles ne tarda pas à perdre toute autorité aux yeux du juge, par cela même qu'il émanait du principal intéressé ou de ses intimes. Il ne fut plus accordé qu'aux personnes de qualité; et malgré cela Louis le Débonnaire ainsi que Lothaire durent établir des peines fort sévères contre les faux serments, devenus de plus en plus fréquents : « Pour qui aura commis sciemment un parjure, qu'il n'ait d'autre rémission que d'avoir le poing coupé2. »
Le Concile de Valence en 855, sous le roi Lothaire, prenant en pitié « les âmes qui se damnaient chaque jour », avait même dissuadé de recourir au serment.
Un Concile de Latran, tenu sous Alexandre III, le défendit sans exception aux clercs et aux ecclésiastiques, à la suite de scan-
1. De sacramentum, serment. Par jusjurandum on désignait spécialement le serment judiciaire.