‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 122 sur 296 · Espr. des Lois, XVII · texte numérisé non relu

Espr. des Lois, XVII

LE « TEMOIGNAGE DIVIN » : LES ORDALIES. Ifc5

atroces », et tant d'autres exemples fameux, où l'immunité ne saurait provenir de la grossièreté de l'épiderme1?

Demandons-nous si, en dehors des « prodiges » relatés, il n'y aurait point, pour bien des cas, une explication scientifique à trouver?

Les découvertes modernes ne démontrent-elles pas que les lotions d'alcool ou d'éther, les vaporisations d'acide phénique, les onctions de belladone, permettent (grâce à une imbibition locale du derme et de ses éléments nerveux) , de placer la main par exemple, au contact des métaux en fusion, sans que les tissus soient détruits sur-le-champ? Dans diverses expériences n'arrive-t-on point aussi à constituer le sujet dans un état d'insensibilité complète, môme sous les atteintes du fer rouge...?

Ne serait-ce point dans ces phénomènes, alors peu connus, qu'il faudrait rechercher la raison de faits extraordinaires, rapportés par les auteurs du temps avec un accent de sincérité incontestable?

Cette hypothèse est des plus admissibles, si l'on se souvient qu'on examinait et lavait avec soin les mains des individus à éprouver, pour s'assurer « qu'ils ne s'étaient enduits d'aucun suc ni onguent capables de les mettre à l'abri des brûlures du fer2 », selon les termes mêmes des procès-verbaux.

Nous rencontrons ici la preuve évidente qu'il y avait des ruses possibles, des supercheries usitées.

Ce n'est pas tout : l'accusé devait jurer qu'il n'avait eu recours à aucun sortilège, et n'avait rien bu ni rien touché qui pût le rendre invulnérable.

N'en faut-il donc point conclure que certaines précautions efficaces, rendant inégales les chances des épreuves, étaient connues des gens expérimentés, et utilisées au cas échéant?

Pour éviter les souffrances, à qui s'adressait-on?

Aux alchimistes probablement, car leurs connaissances de la physique les mettaient à même, malgré leurs imaginations extravagantes, de connaître la propriété des corps et nombre de

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