‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 123 sur 296 · Baronius · texte numérisé non relu

Baronius

2. Ne perfactum alicujus succi vel unguenti, ferri candentis lœsionem effugiat.

phénomènes scientifiques ignorés du vulgaire. Non seulement, en effet, ils étudiaient l'action des éléments, la transmutation supposée des métaux, la fabrication des émaux, la teinture des étoiles...; mais encore ils prétendaient fournir des panacées « mettant à l'abri de la douleur et des maladies ».

Or étant donnée la crédulité, l'usage des stupéfiants et de certains anesthésiques avec leurs merveilleux résultats a pu, dans une large mesure, aider aux supercheries dont nous parlons et augmenter le crédit de ces savants, qui se réclamaient de la puissance mystérieuse de l'art hermétique1.

Sans témérité, on peut donc admettre que plus d'un soi-disant sorcier, ne fut au demeurant qu'un audacieux exploiteur ou seulement un empirique habile, donnant pour magie transcendante des curiosités naturelles, de simples phénomènes physiques, utilisés avec une mise en scène solennelle et même troublante.

On vit jusqu'au Xe siècle plusieurs législations de l'Europe recourir au jugement par la croix : accusés ou plaideurs se mettaient devant un crucifix; ou encore face à face les bras étendus : le premier qui les laissait retomber perdait son procès.

Si le débat mettait en cause des hommes d'Église, les épreuves avaient lieu au moyen de champions. Ainsi sous Charlemagne, les représentants de la ville de Vérone ayant prétendu que la charge de construire les remparts incombait au clergé, « deux jeunes clercs, de mœurs pures, furent choisis et placés devant l'autel de saint Jean-Baptiste, les bras en croix, depuis le commencement de la messe. Celui qui représentait la cité étant tombé épuisé de fatigue au milieu de l'Évangile de la Passion, le clergé de Vérone gagna son procès2. »

Dans la Charte de partage de l'Empire, Charlemagne ordonne à ses enfants « de décider par la croix et non par les armes » les

1. Si l'alchimie fut combattue par l'Église, ce n'est point à cause de ses recherches d'ordre scientifique naturel, mais parce que presque tous ses adeptes prétendaient au contraire fiiire œuvre surnaturelle au moyen de pratiques occultes.

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