Afrique occidentale
condamné en ce sens que sa famille acquitte la dette... On conçoit qu'il est avec les gangas des accommodements, et généralement celui qui succombe est le pauvre diable qui n'a pas su, par un riche présent, s'attirer la faveur du sorcier1. » On le voit, si les procédés diffèrent selon les latitudes, la ruse et l'intrigue sont de tous les pays.
En Guinée, à Porto-Novo, il y a, au dire des missionnaires, une expérience judiciaire extravagante, pour découvrir les malfaiteurs au moyen du bonnet fétiche.
Dans les cas douteux, le roi a recours au dieu Once. Ce fétiche consiste en un gros cylindre de bois creux, long d'un mètre et demi et de la grosseur d'un homme : l'un des bouts est fermé, et l'autre couvert de toile. On place cet appareil sur la tête de l'accusé qui est à genoux et le maintient de ses deux mains; si le fétiche tombe par devant, l'accusé est mis en liberté ; s'il se renverse en arrière, l'accusé est traité en coupable2.
Le chat sauvage sert aux Mambouttous de l'Afrique contrale à reconnaître celui qui jette des sorts. Un individu est-il soupçonné de ce méfait? on le soumet à l'expérience de la viande (iiecao), qui consiste à lui faire prendre dans la bouche un morceau de la chair d'un chat sauvage, en même temps qu'une large gorgée d'eau. Si, en rejetant l'eau, il ne laisse pas tomber le morceau à terre, l'imputation passe pour être mal fondée.
Au Dahomey l'ordalie ordinaire consiste à faire rougir à blanc le fer d'une sagaie, que l'inculpé pose par trois fois sur sa langue. Il sort victorieux de toute dénonciation si les chairs n'ont pas été entamées par le métal incandescent.
Le Dahoméen use aussi du poison comme procédé d'investigation; et c'est si bien un jugement divin, à son point de vue, que l'ordalie par poison porte le nom de oricha, fétiche. Pour se disculper il offre « de boire le fétiche ».
Jadis en Angleterre, quand un individu voulait protester contre une calomnie, il portait au dénonciateur le défi connu sous le nom de bouchée maudite, ou « pain de malédiction », corsned.
Pour cela on prenait un morceau de pain d'orge ou de fro-