Gent de France mult estes ébahie
Car vous estes par enqueste jugiez.
« Douce France, » n'apiaut l'en plus ensi , Une terre acuvertie.
(Rec. de chants hist. franc. Leroux de Lincy, I, 218.) Fhysiol. du Duel, 45.
sonne par celui qui le proposait. Cependant, dit Beaumanoir, « femme ne pouvait combattre1 » : elle choisissait un champion et produisait l'autorisation de son baron.
Le combat était interdit si l'appelé avait moins de quinze ans, ou quand il s'agissait d'affaires dépendant des cours ecclésiastiques. Il en était de même pour tout individu qui justifiait d'une excuse légitime2 : s'il était infirme, blessé, atteint de maladie profonde, telle que la paralysie, la goutte ; ou si, au moment du cartel, il se trouvait souffrant « apertement et sans fraude » ; enfin s'il avait soixante ans révolus.
En ces circonstances, la désignation d'un champion était licite; mais pour que le représentant ne vînt pas là en simple figurant, pour qu'il fût intéressé à défendre son mandant en toute sincérité, il était admis, du moins à l'origine, qu'il aurait le poing coupé s'il était vaincu.
Lorsque dans un procès pour crime capital, le combat par « avoué » était admis, les accusés y assistaient, « chacun d'eux étant ceint de la corde destinée à son supplice s'il était condamné par le sort des armes ».
Dispensées du duel par la coutume, les femmes plus d'une fois revendiquèrent l'honneur de se servir de l'épée.
Les annales de la Suisse, entre autres, relatent les détails d'une rencontre de ce genre, vers le milieu du xive siècle. Mathilde de Tellis, par un sentiment de piété filiale, ne voulut pas se faire représenter; elle préféra défendre elle-même, d'estoc et de taille, la cause de son père injustement accusé et confondre son ennemi Pierre de Kaepf. Celui-ci, en effet, venait de désigner Jorg de Tellis comme l'assassin d'un banneret de Berne 3. Le procès commença : des témoins se présentèrent, disant avoir vu Tellis sortir du chemin creux où l'on avait retrouvé le corps du banneret. Comme Tellis ne pouvait se justifier, sa fille réclama le jugement de Dieu. Elle alla donc devant le juge et, suivant la