Jacolliot, Voy. au Niger
Voici, par exemple, l'antique ordonnance du roi Pratichta disant, bien des années avant notre ère : « Il est interdit aux esclaves et parias ou Tchandalas d'écrire de la main droite, et autrement que de droite à gauche. La main droite est la main pure réservée aux sacrifices en l'honneur des dieux, et aux oblations que les gens de castes reconnues ont seuls le droit d'offrir. Que cela soit sous peine de mort. Telle est la loi ! »
A notre époque, cette tradition ancestrale, consistant à user plutôt de la main droite, est encore si enracinée et si générale, que la langue populaire (suivant en cela la tradition) , du mot droit a fait adroit, c'est-à-dire habile; et gauche est devenu synonyme d'inhabile et d'incapable.
Au demeurant, l'inégalité de fonction entre les deux mains date de bien haut, ce semble! Il est dit en efïct au Livre des Juges, chapitre xx, que dans un important combat la tribu de Benjamin fournit sept cents braves soldats « qui combattaient de la main droite et de la main gauche », remarque qui donne à entendre que c'était là un cas tout exceptionnel. Et plus tard dans l'histoire romaine on signale aussi, comme rare, l'aptitude de tels ou tels gladiateurs qui pouvaient combattre également des deux mains. Tacite rapporte que la tribu des Lingons envoya aux légions romaines, en témoignage d'amitié, des mains droites (dextras)1. De même encore fit le centurion Sisenna au nom de l'armée de Syrie 2.
Le Dictionnaire Féodal '3 relate un mode bizarre d'attribution de bien, d'après la Coutume de Paris : « Dans le partage d'un héritage noble, écrit-il, outre le manoir et ses dépendances, laine, en vertu d'un privilège spécial, avait droit avant part « à l'étendue de terre qiiun chapon "pouvait franchir envolant », et les cadets n'avaient rien à prétendre sur « l'espace désigné par le vol du chapon », espace qui équivalait, selon les régions, à un, deux ou trois arpents.