Non noble
camarades de noble origine ; et les gens dits « ignobles » , nous venons de l'expliquer, avaient aussi trouvé un moyen détourné de forcer les gentilshommes à relever leurs défis.
A cette époque de l'histoire, le duel, on le voit, a depuis longtemps déjà cessé d'être une procédure, pour n'être plus qu'une sanction violente contre les démentis, les injures et les outrages... Sans doute la victoire était encore réputée le partage du bon droit, mais c'était surtout en souvenir des croyances dupasse.
Ainsi transformé, le duel s'est perpétué jusqu'à nous, comme procédé de réparation extra-légale; et nous n'entrevoyons pas le jour où il sera enfin reconnu : que tuer un homme, est une singulière manière de « lui apprendre à vivre ».
En constatant que durant plusieurs siècles, l'expédient qualifié « jugement de Dieu » fut entouré de certaines cérémonies pieuses, et même utilisé plus d'une fois par les clercs, quelques auteurs ont cru voir dans le duel une institution religieuse « née du fanatisme des prêtres dont l'ambition rêvait de confisquer la Justice au profit du Sacerdoce ».
C'est là une erreur. Plus encore que l'ordalie, le combat décisoire appelé non sans motif combat judiciaire, permis et souvent même imposé par l'autorité publique, fut une institution sociale et légale, chez les nations de race germanique, comme nous allons le rappeler.
Ensuite nous nous demanderons quelle fut l'influence du droit canonique et de l'Église sur cette aberration, et dans quelle mesure exacte y prit part le clergé d'alors.
Au commencement du vie siècle, pour ne parler que de documents incontestables1, la loi Gombette2, par exemple, accentue le caractère nettement judiciaire du duel en ces termes : « Si un accusé ne peut ou ne veut se justifier par serment devant trois personnes déléguées par les juges, les plaideurs sont tenus de se présenter devant le roi pour vider leur querelle au moyen du ju-
1. Pour plus de détails, voir la savante étude du R. P. de Smedt, Orig. du duel.