Deux sous d'or, loc. cit
voir comment, dans les successions directes, aurait lieu la « représentation » du défunt, l'empereur Othon trouva expédient, au lieu d'étudier ce point controversé, d'en demander la décision au jugement des armes.
Alors, chose à peine croyable ! les représentants de chaque système choisirent un mandataire chargé de soutenir, en champ clos, leur théorie de Droit civil pur. L'épreuve eut lieu selon toutes les règles ; et le champion de la « représentation légale » ayant couché ses adversaires dans la poussière, l'Empereur ordonna qu'à l'avenir les petits-fils succéderaient à leurs aïeuls avec leurs oncles et tantes, comme eussent fait leurs pères et mères s'ils eussent vécu l.
Le roi de France Louis le Jeune prohiba le combat, mais seulement pour les dettes « inférieures à cinq sols » .
Notons encore un document des Archives administratives de la ville de Reims, relatant les phases du duel qui eut lieu, à l'occasion d'une maison de Guillaume de Villiers, revendiquée par une femme nommée Cuice d'Oiâ.
N'insistons pas davantage sur ce point qui nous semble établi : le jugement par le duel fut une procédure essentiellement légale, sinon légitime, imaginée pour remplacer d'une façon expéditive et commode les longs débats du prétoire , et la rédaction laborieuse des arrêts.
Au lieu de décider, le juge dressait procès-verbal des blessures, et admettait les conclusions du vainqueur.
En fait, le combat équivalait aux débats, pour résoudre les litiges.
Un des plus extraordinaires, sans contredit, est celui qui eut lieu en Espagne sur les bords de la Pisuerga, à la demande de quelques canonistes, pour décider quelle était la liturgie préférable : « la mozarabe adoptée par saint Ignace, ou la romaine qu'on voulait lui substituer2 ».
En vain les Papes fulminaient-ils contre les ordalies et « contre