‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 154 sur 296 · Appelés aba et dupsar · texte numérisé non relu

Appelés aba et dupsar

transportée loin du lieu de sa naissance, séparée de sa famille naturelle, pour devenir la compagne de son adjudicataire?

À défaut d'archives régulières, on imagina de faire porter aux filles ainsi achetées un signe -durable, permettant d'établir leur identité. Ce signe consistait en une olive de terre cuite qu'elles gardaient suspendue au cou, et où étaient inscrits leur nom, celui de l'époux et la date de la vente.

Quelques-unes de ces précieuses olives ont été retrouvées, et le musée du Louvre en possède plusieurs échantillons. Voici deux de ces mentions : « Nannutamat, acquise par Bahit-Alsi le jour de la fête de sabat, l'an IX de Merodchbaladan , roi de Babylone. » Ou encore : « Ilalalat, acquise par Marnarih, au mois de sabat, de l'an XI de Merodchbaladan, roi babylonien. »

Si Assyriens et Babyloniens se livrèrent aux pires désordres, il faut moins en accuser leur législation que l'influence corruptrice du paganisme qui, en glorifiant des divinités impudiques n'avait évidemment pas qualité pour enseigner l'austère vertu aux faibles mortels.

Le droit mosaïque n'admettait qu'un seul mode matrimonial, sans distinction du rang des personnes.

Tout homme valide était tenu de se marier, etlesautorités pouvaient le contraindre à prendre femme.

La répudiation permise au mari était limitée, non seulement par des cas déterminés, mais encore par l'écrit appelé sepher Kéritot , qui était rédigé au nom du mari. Le juge pouvait se refuser à délivrer la lettre de rupture s'il trouvait insuffisants les griefs articulés par le plaignant; mais il devait y consentir si l'épouse se montrait infidèle ou seulement de conduite légère : par exemple, si elle se promenait tête ou bras nus sur la place publique; si elle se permettait de rire avec des jeunes gens ou encore si elle servait à table des aliments prohibés par la Loi, etc..

De son côté, l'épouse était autorisée à s'éloigner quand le mari menait une vie déréglée, ou lorsqu'il la maltraitait « outre mesure ».

L'apostasie, l'absence, l'épilepsie, la lèpre étaient encore des causes réciproques de dissolution de l'union.

Le mariage israélite conserve la forme extérieure d'un achat; mais ce n'est là qu'un souvenir des mœurs primitives, car il n'y a pas de vente véritable puisqu'il n'y a plus de prix versé : la somme est devenue fictive.

A l'origine, la veuve sans enfants passait, avec tout l'héritage, au pouvoir du frère du défunt, qui devenait l'époux de celle-ci en vertu du droit de lévirat, « afin que le nom du mort que le frère remplaçait ne fût pas rayé du livre d'Israël ». Peu à peu cette substitution tomba en désuétude, et les contrats stipulèrent même que la fiancée renonçait d'avance à cette protection excessive et parfois importune.

Le peuple hébreu usait du divorce; mais on remarquera que ce fut une licence temporaire, transitoire.

Aussi, quand le Christ est interrogé sur le sens vrai de la loi, il répond que « l'homme ne doit pas séparer ce que Dieu a uni ». Et il ajoute, à propos de l'exception apportée au principe : « Moïse vous a permis de renvoyer vos femmes, à cause de la dureté de votre cœur; mais il n'en fut pas ainsi dès le commencement1. »

Cette remarquable parole précise la question du principe d'indissolubilité au sujet duquel les pharisiens interrogeaient N.-S. pour lui tendre un piège. L'unité matrimoniale n'avait-elle pas été déjà affirmée clairement dans la Genèse2?

La loihébraïque permettant dans plusieurs cas la peine de mort contre la femme (surtout s'il y avait eu infidélité), ne peut-on pas supposer que, si les Juifs furent autorisés à congédier leurs épouses dans certaines circonstances limitées, ce fut pour éviter un plus grand mal, peut-être même pour épargner la vie de la femme3?

Saint Jérôme, commentant saint Matthieu , entre dans cette pensée, en disant que la faculté de répudiation dont les Israélites ont parfois profité, avait pour cause la nécessité « de donner à la femme sécurité, quand le mari était résolu à s'en défaire à tout prix 4 » .

1. Ad duriliam cordis... Ab initio, non fuit sic. (Matth., Xix, 8.)

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