Aud. du 9 avr
<( Sois mon épouse selon la loi de Moïse et d'Israël, et je t'honou rcrai, je te nourrirai et je te soignerai suivant les règles « obligeant les époux Israélites à honorer, nourrir et soigner « leurs épouses. Et je te constitue, comme don matrimonial « de veuve, la scnime de deux cents pièces d'argent, somme « qui te revient conformément aux prescriptions de nos Sages, « je te fournirai ta nourriture, tes vêtements et ton entretien <( et je t'épouserai suivant l'usage du monde. » La dame Zebich veuve a consenti à devenir son épouse. Et la dot qu'elle avait apportée comme lui appartenant soit en argent, soit en or, soit en bijoux, linge et literie, le tout se montant à cinquante florins a été versée. Et le sieur David Cohen, ledit époux, y a encore ajouté du sien cinquante florins. »
Grâce à cet expédient, l'ingénieux Cohen put s'approprier la dot de dix jeunes Israélites, successivement abandonnées Toutefois ses manœuvres dolosives lui attirèrent six mois de prison.
Revenons à l'antiquité.
En ce qui concerne l'histoire sociale du mariage en Perse, les traditions authentiques ne commencent guère qu'avec le grand Cyrus, dans le sixième siècle avant Jésus Christ; cependant on peut émettre de sérieuses conjectures à partir du démembrement de l'empire d'Assyrie, au huitième siècle avant l'ère chrétienne.
Zoroastre, dans sa législation, avait pris grand souci défavoriser le mariage.
Aussi commande-t-il à tous ceux qui connaissent un homme juste et sage de tâcher de le décider à quitter le célibat : quiconque a dans sa famille une fille ou une sœur âgée d'au moins quinze ans, et jouissant d'une bonne réputation, doit se préoccuper de la pourvoir « et la doter de pendants d'oreilles », ajoute le Vendidad, qui ne fait pas allusion à d'autres apports.
Il veut enfin qu'elle soit fiancée par les parents avant neuf ans révolus. Il tient tant à voir de nombreuses unions, qu'il affirme « que toute fille qui refusera de prendre époux ira fatalement habiter les régions infernales, quelle que soit l'excellence de ses bonnes reuvres ». I] énumère cinq sortes de jeunes personnes qui
méritent d'être surtout recherchées. Avant toutes, la fille sage doit avoir la préférence ; celle qui est bien faite ne vient qu'en quatrième rang, les qualités morales devant l'emporter sur les autres.
Si la polygamie a envahi la Perse, il semble que c'est en grande partie pour obtenir les primes importantes que la loi assurait au père d'une nombreuse lignée.
Les Persans actuels pratiquent cinq différents mariages : celui de la femme-reine indique une première union, par opposition au convoi d'une veuve.
Le choix d'une épouse par procuration est très usité : les parents se réunissent chez le père de la fiancée; on y dresse l'acte, et dans les cas où l'union est stipulée indissoluble, le mandataire de la future dit en étendant la main : « Je te marie à l'homme ici représenté; et tu seras perpétuellement sa femme moyennant le douaire dont vous êtes convenus. »
Et le procureur du futur répond : « Au nom du jeune homme, je la prends comme femme à perpétuité. »
Ensuite le cadi ou le mollah se lève et ratifie au nom des conjoints les promesses des mandataires.
Le jour du mariage, l'époux remet l'anneau nuptial à la jeune fille, qui lui offre des travaux d'aiguille de sa façon. Le soir, à la lumière des torches, l'épouse, montée sur un chameau ou sur un cheval, est conduite chez l'époux.
Si singulière que la chose paraisse, le mariage pour une durée déterminée est d'usage en Perse; pareil contrat passé devant l'autorité compétente, est réputé absolument licite et valable en droit civil. Le terme prévu venant à expirer, le « mariage à loyer », aussi appelé « bail matrimonial», est renouvelable au gré des intéressés. Inversement, si avant l'expiration du délai convenu le mari veut éconduire la femme, il lui suffira de lui abandonner l'indemnité prévue par contrat.
Il y a donc eu progrès à rebours, puisqu'il est constant, d'après les versets de l'Avesta, que jadis la monogamie était la règle.
Étant donnée cette décadence des mœurs, on ne s'étonnera pas que la Persane de notre temps soit soumise à une sujétion humiliante. Voici ses devoirs : « Elle doit vénérer son mari comme un dieu, — se présenter chaque matin devant lui comme devant
un juge, debout, et en signe de soumission les mains placées sous les aisselles, — ■ elle s'inclinera et portera trois fois les mains de son front à terre, et de la terre à son front, — puis elle recevra ses ordres et ira de suite les exécuter. »
A peine la femme peut-elle sortir ; encore doit-elle être voilée avec soin. Le lieu où elle est enfermée est sacré et sur le plus léger soupçon le mari peut, sinon en droit, du moins en fait, exercer son despotisme à l'égard de la femme qui a encouru sa disgrâce.
Ainsi déchue et avilie, la Persane, sauf de rares exceptions, a perdu toute délicatesse morale.
Les anciens Grecs envisageaient surtout le mariage au point de vue de l'intérêt public; loin de le poétiser dans la vie privée, ils y voyaient plutôt « un devoir patriotique, et une nécessité ».
La loi athénienne déniait l'éligibilité et les fonctions publiques à celui qui n'avait point su se fonder un foyer. Platon dit que le citoyen qui n'aura pas contracté mariage avant trentecinq ans, encourra une amende annuelle de cent drachmes, et qu'il n'aura point droit, de la part des jeunes gens, aux marques de respect qui sont dues à la vieillesse.
Aux âges homériques, on voit le prétendant s'adresser au père de la jeune fille qu'il souhaitait épouser, et lui offrir un certain nombre de têtes de bétail, des bœufs ordinairement. Le père appréciait alors la valeur du petit troupeau (et aussi sans doute les qualités du futur) et si l'on tombait d'accord, l'union était aussitôt résolue. La jeune fille avait-elle été consultée? Nullement, elle n'avait qu'à se soumettre.
Au foyer, la femme occupait un local distinct situé au fond de la maison : le gynécée. Cet appartement personnel à l'épouse et dans lequel aucun étranger ne devait entrer, se subdivisait d'ordinaire en une grande pièce, sorte de salon où elle se tenait avec ses femmes, plus une chambre à coucher 1, près de laquelle était la salle ou dortoir des servantes2.