‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 159 sur 296 · A|j.iiOà).a[j.oç · texte numérisé non relu

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Un archéologue doublé d'un artiste1, a eu l'heureuse pensée de reconstituer la vie privée de la femme grecque, en reproduisant une quantité de dessins empruntés aux Musées et aux collections particulières.

« Complètement séparé de l'appartement de l'époux, écrit-il, le gynécée comprenait : chambre à coucher, salle à manger, salle destinée à recevoir les visiteuses, et où les femmes seules peuvent pénétrer; salle de travail où la maîtresse de maison se tient avec ses femmes esclaves. Aux murs sont tendues des tapisseries tissées d'or à la mode de Babylone. Partout ce ne sont que sièges, tabourets, lits de repos, couverts de riches étoffes et de coussins aux éclatantes couleurs. Dans la grande baie ouverte, la lumière dorée du soleil se trouve tamisée par le grand vélarium, couleur d'hyacinthe; et les choses, à l'intérieur, sont baignées dans une brume légèrement bleuâtre, faite aussi de la fumée aromatique du nard qui s'échappe des charbons rouges.

« La cour du gynécée est entourée de portiques à colonnes. Au milieu, la grande vasque de marbre de Paros reçoit une gerbe d'eau fraîche, qui retombe en fines gouttelettes, diaprées, irisées comme des diamants. Sur la terrasse fleurie, doucement roucoulent les colombes, et les oiseaux apprivoisés. »

« La jeune Grecque n'était pas rigoureusement enfermée, elle avait quelques occasions de sortie les jours de fêtes religieuses; et comme elle jouait différents rôles dans ces solennités, soit qu'elle fit partie des théories sacrées, ou qu'elle évoluât dans les chœurs des danses, cela influait sur le développement de son esprit. Loin de donner tout son temps à l'étude et aux arts de la musique et de la danse, la jeune fille attique devait encore seconder sa mère dans la distribution de la tâche aux servantes...

« Les filles restent donc attachées à leur mère qui, tout en leur donnant d'utiles conseils, ne manque pas de leur répéter souvent, dit Ménandre, « de se tenir droites, d'effacer les épau- « les, et de marcher avec grâce et dignité ». Elles grandissent dans le gynécée, modestes et retenues, et portent une tunique

1. M. Notor, la Femme dans l'antiquité grecque; Laurens, éditeur.

généralement blanche, souple et légère que noue à la taille l'étroite zona. Pour parure, une petite taenia ou ruban passé dans des cheveux; au cou, un collier de grosses perles. »

Les objets de toilette à son usage étaient d'ivoire uni ou de bronze richement ciselé, comme le prouvent les élégants modèles découverts dans les fouilles. On a retrouvé des boites de toutes sortes dont le couvercle forme miroir; à l'intérieur et sur les côtés sont gravés, au trait, des bas-reliefs rappelant les légendes des Grâces, celles des Ménades ou de Silène {.

Les occupations de la femme grecque consistaient à filer la laine, à tisser ou broder, à gouverner les servantes, et à aller à la rivière pour « laver le linge de la famille » : ainsi faisait Nausicaa, bien qu'elle fût issue de sang royal2. C'est aussi ce que Télémaque, d'après Y Odyssée, rappelle à Pénélope « comme constituant les soins qui incombent à la femme » .

Elle devait savoir « se taire et obéir ». Rarement on prenait la peine de lui apprendre à lire. Cependant elle n'était pas esclave, et dans la salle d'honneur, elle avait droit « à un siège élevé » à côté de celui de l'époux. A peine sortait-elle pour aller au temple, et encore devait-elle être accompagnée au moins d'une esclave.

La loi ne l'autorisait à prendre des engagements pour son propre compte, que jusqu'à concurrence de la valeur d'un demihectolitre d'orge.

Dans son Traité des Lois, et ailleurs encore, Platon condamne l'usage des dots accordées aux fiancées : on en doit donc conclure que ces donations étaient devenues habituelles, quand la situation pécuniaire des parents leur permettait de se dessaisir d'une partie de leur fortune. D'ailleurs ces apports sont consignés dans de véritables contrats de mariage, relatant le nom des époux, le chiffre de la dot, celui du trousseau, ainsi que les reçus délivrés par le mari en échange des versements elièctués entre ses mains3.

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