Nausicaa, fille d'Alcinoiis, roi des Phéacéens. (Odyss
3. L'une de ces inscriptions a été découverte en 1S73 à Myconos et apportée à Athènes. (Abuv. Rev. hist. du D., 1883.)
On y voit très bien comment les choses se passaient dans la pratique : tantôt un parent intervenait pour constituer la dot conjointement avec la famille de la fiancée ; tantôt le père hypothéquait sa maison comme garantie du versement promis; tantôt il la donnait en apport, mais en s'en réservant la jouissance et même la propriété, sa vie durant1.
Voici quelques exemples textuels de ces conventions matrimoniales :
— A la Bonne Fortune! Sostrate a marié sa fille Xanthe à Éparchidès et lui a constitué une dot de 1.300 drachmes avec la participation de Callistagorao ; en outre un trousseau de 200 drachmes.
— Callipos a donné à sa fille Aristoloque une dot de 14.000 drachmes.
— Aménocrates a marié sa fille Aristagora à Philotimos, avec une dot de 10.000 drachmes et un trousseau en plus.
— Callixénos a donné à Rodocle sa fille Timécrate, avec une dot de 700 drachmes et un trousseau de 300; Rodocle, l'époux, reconnaît avoir reçu le trousseau et 100 drachmes; et pour le paiement Callixénos a hypothéqué sa maison sise en ville...
— Tharsagoras a marié Panthalide à Pyrracos, et a donné en dot à sa fille sa maison du faubourg touchant à celle de Nicias, avec cette clause qu'il restera propriétaire de ladite maison, sa vie durant.
L'avis de Platon n'avait pas prévalu 2 et l'on constituait quand même aux jeunes Grecques des dots importantes, car 10.000, 15.000 drachmes, chiffres fréquents, étaient alors une fortune appréciable.
Le législateur Solon, passionné pour les idées égalitaires, plus faciles à formuler qu'à imposer dans la pratique, prohiba absolument l'usage de contributions matrimoniales en espèces, et
1. Quand la dot consistait en esclaves, l'écrit dotal en énumérait les noms.
Nous avons eu entre les mains le contrat de mariage d'une Française, née à l'île de la Réunion, contrat où C( lajuture épouse apportait en dot cinquante hommes ». L'esclavage n'a été aboli dans nos colonies que par Décret du 4 mars 1818 ; et dans le procès auquel nous faisons allusion il s'agissait, en 1882, d'estimer la valeur de l'apport de la créole.
?.. (( Sans dot, écrivait Platon, la femme sera moins hautaine, et le mari moins esclave. » (Les Lois, VI.)
réduisit le trousseau de l'épouse à un maximum (qu'on pourrait appeler plutôt un minimum), c'est-à-dire à trois robes seulement, plus quelques meubles ou ustensiles; afin, dit Plutarque1, que le mariage fût, non point un objet de trafic, mais uniquement un lien d'affection.
Outre l'argent et les effets, la fille apportait souvent des bijoux personnels, dont on faisait la description détaillée dans les actes, en vue d'en assurer la conservation par le mari et la reprise en nature à la dissolution du mariage. En cas de divorce, le mari était tenu de restituer les biens dotaux et tous les avantages pécuniaires; lorsqu'il tardait aie faire, il devait payer des intérêts qui s'élevaient parfois à dix-huit pour cent.
Ceux et celles qui se dévouaient au service religieux s'interdisaient le mariage. Les hiérophantes, les disciples de Pythagore et ceux de Diogène, restaient aussi dans le célibat.
On montrait un mépris extrême pour les mariages contractés par des Grecs libres avec des esclaves : la honte en rejaillissait même sur les enfants.
A Sparte, ceux qui se refusaient à fonder une famille étaient notés d'infamie. Les femmes, lors d'une certaine fête, leur faisaient faire le tour d'un autel, en les fustigeant cruellement. Il y avait aussi des peines établies contre les hommes qui se mariaient à un âge trop avancé.
La préoccupation des législateurs, en punissant les célibataires et en glorifiant la paternité multiple, était d'assurer des enfants à la patrie, et comme le disait Platon : « Quiconque n'a pas donné au moins un fils et une fille, n'a point acquitté sa dette envers le pays2 ».
On contractait légalement l'union en mettant la main de la femme dans celle du mari. C'était le rite essentiel qu'accompagnaient diverses cérémonies.
Le jour des noces, on parait la maison des plus riches tentures. Devant la porte de la jeune fille étaient des joueurs d'instruments, et des chanteurs d'Hyménée qui l'attendaient p our l'accompagner à la maison de l'époux.