Lysias, c. Aîcib
Quant à l'épouse qui avait une mauvaise conduite, non seulement elle encourait une pénalité, mais elle était déchue du droit d'entrer dans les temples, et de porter « les parures réservées aux honnêtes femmes ».
Au sujet du mariage romain, que dire qui ne soit su de chacun? Bornons-nous donc à décrire le cérémonial, dans ses particularités peu connues.
Quand il s'agissait de choisir une date pour les noces romaines, on ne la prenait pas indifféremment, car les jours de mauvais augure (tels que le premier des calendes, des ides, des nones1, et les lendemains de ces jours) devaient être évités à tout prix. De même si des éclairs ou des coups de tonnerre survenaient, on ajournait la cérémonie, fût-ce au dernier moment, comme d'ailleurs on eût décommandé en pareil cas les assemblées ou les comices.
Un mariage n'était pas célébré sans que l'on eût au préalable consulté les auspices et fait des offrandes, surtout à Junon qui présidait aux unions. On retirait le fiel de la brebis destinée au sacrifice, pour bien marquer par là qu'il ne devait y avoir rien d'amer dans le mariage. Si le présage était favorable, on dressait le contrat 2 et l'on y consignait la dot.
La fiancée quittait la robe de jeune fille, pour revêtir la tunica recta; elle s'entourait d'une ceinture de laine 3, et remplaçait le filet de sa coiffure enfantine par un voile rougeK.
Ses cheveux étaient entremêlés de laine, à la manière de ceux des vestales : on les partageait sur la tête, disent les auteurs, « au moyen d'une lance ». Et à ce propos ils rappellent avec insistance que cette arme, hasta, était l'emblème de la société romaine et le signe légal de la propriété conquise.
Rien de plus exact! toutefois il s'agit ici non point d'une arme, mais seulement d'une sorte d'épingle à cheveux, petite tige
1. Les calendes tombaient le 1er du mois; les nones, neuf jours avant les ides; et les ides le 13 ou le 15.