Le voile flammeum, était d'un ton rouge, couleur de feu
d'os ou de métal, aplatie aux extrémités en forme de lance l.
La jeune mariée portait, comme ornement sur la tête, une couronne de verveine cueillie de ses mains dans le jardin paternel ou dans les champs. Pourquoi ce choix de la verveine et quelle allusion cachait-elle donc?
On sait que la blancheur de la fleur d'oranger jointe à la suavité de son parfum, en a fait chez nous l'emblème de la pureté virginale; or, si l'on se rappelle que la verveine servait à purifier les autels des dieux après les sacrifices, on peut se demander si cette plante, à raison même de son emploi, n'avait pas exactement la signification de la fleur immaculée qui, de nos jours, pare le front des fiancées.
Assurément la jeune Romaine n'aurait pu utiliser l'oranger dans les solennités matrimoniales : en fait de pommes d'or issues de pétales odorants, les Romains ne connaissaient que 1 acre citron ou pomme assyrienne2, puisque ce fut seulement au xe siècle que l'oranger fut importé de la Chine et de l'Inde par les Arabes.
Pour le mariage contracté sous la forme d'un gâteau symbolique partagé, puis mangé ensemble 3, les époux, durant le sacrifice et les prières du prêtre4, se tenaient assis côte à côte sur deux sièges distincts, mais recouverts d'un même tapis, fait de la peau de la brebis immolée5.
Par là on faisait allusion à l'unité souhaitable, et à l'accord des volontés entre les conjoints.
Dans le cortège figuraient parents et invités, portant chacun un cadeau de noces. Au milieu d'eux se trouvait un jeune garçon sans barbe, appelé « le Camille 6 » : ce mot désignait ordinairement les auxiliaires des prêtres romains, sorte d'enfants de chœur aux longs cheveux, vêtus d'un courte tunique à larges manches.