‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 167 sur 296 · Ubi tu Caïus; ego Caïa · texte numérisé non relu

Ubi tu Caïus; ego Caïa

ô. Questions romaines.

encore dans le temple de Sancus l ; et que, de la laine par elle filée, elle avait de ses royales mains tissé une robe d'un parfait travail. Il ajoute que c'est en mémoire d'une si bonne ménagère, que les nouvelles mariées étaient placées entre une quenouille et un fuseau, afin de faire connaître qu'elles entendaient désormais prendre Caïa pour édifiant modèle ~.

Au moment où la jeune Romaine revêtait pour la première fois avant l'union la robe de matrone, l'habitude voulait qu'elle offrit à Vénus ou aux Lares paternels qu'elle allait quitter, ses jouets aimés et ses chères poupées3 : l'heure d'être sérieuse et de renoncer aux bagatelles était venue.

Dans la même pensée, l'époux, avant d'entrer dans la demeure conjugale, se plaçait devant la porte, et, à pleines mains4, jetait des noix aux enfants pour indiquer que lui aussi renonçait aux puérilités.

Le jeu de noix5 semble avoir été l'amusement ordinaire des jeunes garçons romains; tantôt ils les lançaient dans des vases à goulot étroit; tantôt ils s'en servaient comme de billes, en visant un triangle dessiné sur le sol avec une pointe ou au moyen d'une ligne de craie. L'empereur Auguste lui-même prenait un vif plaisir à ce divertissement auquel il se mêlait volontiers, fût-ce en compagnie de jeunes esclaves choisis parmi les plus adroits6.

Dans notre jeu de billes on se propose ordinairement de « dépouiller le triangle » ; au contraire, l'enfant romain s'attachait à projeter ses noix ou galets, de façon à leur faire occuper dans le triangle gradué, telle ou telle subdivision, ayant une valeur conventionnelle plus ou moins grande.

Rapprochons de ce qui précède, un usage suivi dans l'ancienne France.

Il parait que les membres du Parlement qui voulaient prendre

Page 1