Suétone
femme, choisissaient l'époque de la rentrée des tribunaux, de façon à se marier à l'issue même de la messe solennelle dite messe ronge. Les futurs époux profitaient de la circonstance pour présenter au P. P. (au premier Président), leur contrat à signer; et en échange de cet honneur réservé seulement aux magistrats et aux avocats, la fiancée offrait trois noix au Président, ce qui s'appelait la baillée aux noix.
N'y a-t-il pas là un souvenir de l'antiquité? Cette imitation s'explique facilement, car tous les juristes d'alors connaissaient aussi bien le Digeste et les mœurs romaines, que le Droit Coutumier.
Nous voyons dans Pline, Juvénal, Gaïus, Ulpien, que le lendemain du mariage1, un sacrifice était offert au nom de la jeune Romaine, aux dieux de son mari : par là elle s'initiait au culte de son nouveau foyer, en attendant que le Ciel lui envoyât un fils pour continuer les traditions paternelles.
En effet, pour les peuples du Latium, l'intérêt capital du mariage était d'assurer après soi le culte des ancêtres, en ayant un héritier mâle, chargé de ce pieux devoir2.
Malheur à l'homme qui laissait en mourant, une maison sans enfant et un autel sans sacrificateur! Fût-il père de dix filles, la religion domestique se trouvait quand même abolie, car nulle femme n'avait qualité pour remplir cette fonction sacrificatoire.
A raison du culte ancestral, le mariage romain était essentiellement un acte religieux, un devoir sacré ; et le premier-né avait une vocation spéciale et d'une importance incomparable au point de vue de la famille, pour perpétuer les sacrifices envers les dieux Pénates.
Sans doute, mieux valaient plusieurs enfants; mais enfin un seul descendant masculin suffisait, à la rigueur, pour transmettre à la lignée ce sacerdoce3.
Accentuant l'idée plus encore, la loi indoue disait que la naissance d'un premier fils, « est l'acquit d'une dette ». Ce n'est