‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 179 sur 296 · De Concourt, Ilist. de Marie-Antoinette · texte numérisé non relu

De Concourt, Ilist. de Marie-Antoinette

En effet l'accord public des volontés au jour des fiançailles, la solennité dont on les entourait, les pratiques religieuses qui les accompagnaient étaient de nature à créer une sorte d'équivoque et d'indécision dans l'esprit des fiancés, qui reléguaient au second rang le mariage, et même finissaient par s'en dispenser tout à fait.

Ajoutons que les réjouissances auxquelles parents, amis et voisins étaient conviés à l'occasion des accordailles, donnaient à cette convention préalable et à la rigueur annulable, une importance excessive ; tandis qu'au contraire on semblait faire du sacrement lui-même un accessoire.

Les inconvénients de cet état de choses furent si grands et si nombreux, que le pouvoir civil et l'Église s'en émurent; car on en arrivait à se demander, dans nombre de cas, s'il y avait eu mariage ou seulement fiançailles, la différence étant devenue presque insaisissable pour les gens du peuple.

Il convient en effet de rappeler que si actuellement les ecclésiastiques ne peuvent, à peine de poursuites au criminel, célébrer le mariage religieux avant le mariage civil, autrefois, au contraire, ils étaient les seuls à tenir les registres, remplissant en cela, tout ensemble les fonctions de ministres du culte et en quelque sorte celles d'officiers d'état civil, puisque au regard des lois du royaume, le mariage ne relevait que des juridictions d'Église.

Au point de vue du Droit canon, les fiançailles1, simple accord en prévision de l'union, ne participent pas du sacrement : il y a seulement consentement au mariage futur2.

Néanmoins elles doivent être respectées comme un saint engagement; aussi nombre de Conciles et Synodes interdisaientils à ceux qui avaient échangé leur parole, de renoncer sans de graves motifs à l'union décidée 3.

Le lien formé par les fiançailles avait assez d'importance pour constituer un empêchement prohibitif au mariage de l'un des « promettants », avec une autre personne.

Y avait-il contestation? c'était le juge ecclésiastique qui était

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