‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 182 sur 296 · Joum. man. du Sire de Gouberville · texte numérisé non relu

Joum. man. du Sire de Gouberville

Le Concile de Trente avait même émis le vœu qu'on suivit sur ce point les traditions du passé : il suffisait que ces usages ne présentassent pas un caractère grossier, de nature à troubler le bon ordre ou à offenser la religion.

En divers endroits donc, la vieille France conserva à cet égard ses anciennes coutumes, souvent gracieuses, presque toujours symboliques, et dont il est encore possible de retrouver des traces.

Ainsi en Basse-Bretagne, la jeune fille, en recevant la bénédiction des fiançailles, posait sur l'autel une quenouille entourée de rubans.

Dans le pays de Castres, on plaçait un joug sur le cou des fiancés, détail qui rappelle si bien l'étymologie même du mot conjugal*.

En Bretagne, on employait pour la conclusion des fiançailles un intermédiaire que distinguaient des insignes particuliers, tels qu'un bâton de genêt orné de fleurs. Tout dans la demande qu'il adresse, se passe selon des rites de convention : ainsi pour indiquer leur refus les parents disperseront les tisons du foyer. En les voyant fumer et s'éteindre, le négociateur devra comprendre qu'on n'est pas disposé à allumer le flambeau de l'hymen.

Lorsque dans deux familles bretonnes unies d'une tendre amitié, les parents tombaient d'accord pour fiancer des nouveaunés dans l'espoir quelque peu chimérique d'assurer leur avenir, l'habitude était d'accentuer ces projets d'union, en faisant allaiter alternativement les bébés, par l'une ou l'autre des mères.

Dans le Berry, c'est en cachant une pomme dans les cendres du foyer qu'on avertit que la visite ne sera pas sans succès. Le jeune homme arrive avec ses amis; il doit trouver la jeune fille qui se cache dans le logis, et l'entraîner un instant hors de la maison paternelle : « souvenir de ces mœurs barbares, où l'homme conquérait par la force la femme dont il faisait sa compagne ».

Dans les Landes, la fiancée qui consent à accorder sa main donne une fleur au fiancé ; et celui-ci, en échange, lui attache une ceinture autour de la taille.

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