A la requête des États de Bretagne
Bien que le Pouvoir civil reconnût alors « que le mariage était matière ecclésiastique entant que sacrement », il édicta pourtant, d'autre part, des prohibitions non moins strictes que celles prévues par le droit canon.
Ainsi dans des Édits de novembre 1680 et d'août 1683, Louis XIV déclara que la différence de confession entre chrétiens était un empêchement dirimant au mariage : un protestant ne pouvait épouser une catholique à moins d'abjurer.
On remarquera que les modifications de forme apportées par le Concile de Trente , ne touchent en rien à l'essence même du sacrement de mariage.
Loin d'innover, il maintient tout ce qui peut et doit être maintenu; il renouvelle et sanctionne les dispositions arrêtées au concile de Latran; il suggère la formule de la bénédiction, mais tolère les termes suivant l'usage reçu en chaque région; et il ajoute que s'il est en certains pays quelque autre cérémonie et louable coutume, le Concile souhaite qu'on les garde et qu'on les observe. Par là le Concile a voulu respecter les manifestations différentes au moyen desquelles, chez les divers peuples, les futurs avaient pris l'habitude de signaler leur accord.
Nous croyons que les observations qui précèdent sont de nature à répondre à bien des critiques.
Ajoutons que le Concile de Trente, en exigeant que le mariage soit célébré par le curé dans des circonstances solennelles, a rendu un véritable service à l'ordre public, puisqu'en effet, à défaut d'état civil régulier, à cette époque, on en était venu même au point de vue social, à ne pas bien distinguer les unions légitimes des autres.
A partir du 3 septembre 1791, la loi française, est-il besoin de le rappeler, ne voulut plus considérer le mariage que comme contrat purement civil.
IL — Vanneau était un emblème très indiqué pour figurer par un signe extérieur le mariage qui , dans toutes les langues et dans tous les pays, a été assimilé à une chaîne : chaîne d'or ou de fer, légère ou pesante, aimable ou redoutée, selon les sen-
timents qu'elle unit, les caractères qu'elle rapproche, ou les cœurs qu'elle rive l'un à l'autre.
Un acte aussi grave que le mariage, un événement aussi considérable, un changement d'état aussi important devait, on le comprend, se révéler à tous par un symbole significatif tiré de la nature même des choses : Vanneau nuptial.
Cujas remarque que cet usage emblématique était très connu des Grecs [.
Chez les Romains, aux temps de la simplicité héroïque, l'anneau est de fer brut2...
Pas d'illusions pour la jeune Romaine! ce n'est point une pierre précieuse que lui remet le rude fiancé, mais une tige de gros fer courbé qu'il passe au doigt de la jeune fille. C'est bien un anneau de servitude qu'elle va porter dans cette société guerrière où les grâces, le charme, les bontés du cœur et les tendresses de l'âme ne comptent pour rien en quelque sorte.
Car enfin, si étrange que cela paraisse! au regard de la loi, la femme romaine n'était même pas la mère de ses propres enfants... mais seulement leur sœur aînée3; et à l'égard du mari, loin d'être réputée son égale, elle comptait seulement pour un enfant de plus sous sa tutelle 4.
Étrange famille en vérité que celle où une loi jalouse, injuste et despotique se refuse à reconnaître des épouses et des mères!
Aussi la familia romaine était-elle avant tout une société d'ordre civil, où la loi, remplaçant le sentiment, parlait plus haut même que la voix du sang. Oui, c'est bien un cercle de fer qui devait être l'emblème d'une pareille union.
Cet anneau appelé annulus sponsalicius5, accusait souvent, vers le bord, certaines découpures et saillies rappelant l'aspect d'une clef , pour signifier que le mari en offrant cette bague à l'épouse, lui remettait symboliquement les clefs de la maison.