‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 188 sur 296 · V. Blet, des Ant. Rien · texte numérisé non relu

V. Blet, des Ant. Rien

2. Une fois l'anneau accepté, la fiancée était dite subarrata ou subarrhata, c'est-à-dire promise assurée, gagnée par cette sorte d'arrhes. C'est ainsi que s'exprime Ducange au mot Subarrare : (( arrhabone tixorem sibi desponsere )). Le mot se trouve plusieurs fois aussi dans la loi des Lombards : Annulo subarrare, II, 37.

3. Ulpien, L. XI, p. 6. De act. empti. — Loi 6 et 8 De leg. corn., 18, 3. — La loi Y, § 15, parle en ces termes de l'emploi de l'anneau dans une vente d'huile : « Si inxtitor, cum oleum vendidisset, annulus arrx nomine acceperit, neque eum reddat, dominum institoria teneri. »

Les témoignages historiques confirment cette indication1. Attila se considéra comme lié à Honoria, sœur de Valentinien, parce qu'il lui avait envoyé ce gage de sa foi2.

D'après une particularité de la loi de Luitprand, la simple prise de voile, par une veuve ou une jeune fille se proposant d'embrasser la vie religieuse, était assimilée à la remise de l'anneau de fiançailles. Un engagement pris envers le ciel, remarquait-on, n'est pas moins respectable et sacré, que celui échangé entre des mortels3.

A la différence de la bague de fiançailles, bijou élégant et luxueux, Vaillance de l'épousée est un anneau simple et sévère : il est rond, symétrique, régulier, pour montrer que l'engagement qu'il représente ne doit avoir ni inégalité ni fin ; il ne doit être enrichi ni de pierreries ni d'accessoires auxquels d'innombrables superstitions ne manquaient pas jadis d'attribuer un effet magique. Et l'Église bénit ce pieux symbole, avant qu'il passe au doigt de l'épouse 4.

Nous voyons dans le Manuel des cérémonies selon le rite de l'Église de Paris, qu'au xve siècle (en 1497) le marié mettait successivement l'anneau à trois doigts de la jeune femme.

Le prêtre en aube, étole et manipule, commençait par bénir, à la porte de l'église où se tenaient les fiancés, l'anneau d'argent posé sur un plat. Puis il aspergeait d'eau bénite les futurs époux, les encensait, et s'adressant aux assistants, disait : « Bonnes gens, nous avons fait les bans trois fois, de ces deux gens, et encore les faisons-nous ; que s'il y a aucun ou aucune qui sache empêchement par quoi l'un ne puisse avoir l'autre par la voie du mariage, si le dys (sic). »

Et le public répondait : « Nous n'y savons que bien. »

Le prêtre, prenant alors la main droite de l'épouse, la mettait dans la main droite de l'époux et leur disait en les nommant :

« Vous Marie, et vous, Jean, vous promettez, fiancez et jurez

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