Desponsamus te, mare, in signum veri perpetuique dominii
riage comme symbole d'union, il était tout naturel que les évoques et quelques abbés privilégiés eussent, eux aussi, un anneau en signe de l'alliance spirituelle qu'ils ont contractée avec l'Église1.
A raison du sens mystique de l'anneau, on s'est demandé autrefois si tout prêtre ne pourrait pas en porter. Cependant ce droit a été, dès le quatorzième siècle, réservé aux évêques seuls, à partir du jour de leur consécration, comme distinction hiérarchique2.
De vieux auteurs nous apprennent que jadis, pour établir une différence entre la bague de mariage et l'anneau pastoral, les évêques portaient ordinairement ce dernier au pouce, et c'est seulement quand ils célébraient les saints mystères qu'ils le plaçaient à l'annulaire de la main droite3.
D'après Gavantus, la pierre précieuse enchâssée dans Panneau épiscopal ne doit être ni gravée ni sculptée : on peut citer une prescription du pape Innocent III en ce sens.
Parmi les griefs invoqués contre l'Église romaine au nom de l'Église grecque, notamment par le patriarche de Constantinople Michel Cérularius4, on voit signalées « comme graves erreurs : la coutume de se nourrir de viandes suffoquées; de se raser la barbe; de se donner le baiser de paix, etc., et enfin, dit le patriarche, l'habitude prise par les évêques de marquer leur dignité par un anneau symbolique ».
Enfin tout le monde sait qu'on appelle « anneau du pêcheur5 », le sceau employé à Rome pour les Brefs et les Bulles.
Ce nom vient de ce que saint Pierre y est représenté, péchant sur une barque. Imprimé sur cire rouge ou sur plomb, selon les cas, le sceau du Pape reste attaché au document au moyen d'un fil de chanvre pour les affaires de mariage par exemple, et d'un fil de soie rouge et jaune, en matière de grâces. Seul, le Sou-
1. Datur annulus pr opter signum pontificalis honoris. (S. Isid.)