Darras, Hht.de V Église, II
'.'>. Quia signum prsecipuum est hasta, dit Festus.
procuré par les armes, étaient-elles dites « faites sous la lance1 ». Au tribunal des centumvirs, et sans doute dans d'autres prétoires, la justice est rendue « devant la lance » symbole du droit, comme elle Test chez nous devant la croix du Christ.
En effet, pour les premiers Romains, le monde appartient à qui le conquiert, et l'objet, à qui s'en empare.
Acquérir c'est prendre, capere, seul mot qui corresponde au sentiment juridique brutal des anciens habitants du Latium.
Devenir propriétaire, c'est d'abord « mettre la main sur la chose2 ».
Il n'est pas jusqu'au mot emere, acheter, qui n'ait signifié originairement dérober, ravir, comme on en trouve la trace dans les composés mêmes du mot3. De plus, dans le langage primordial, occupare s'applique tout aussi bien au profit de la rapine qu'à la jouissance légitime.
Dans les questions de propriété, le formalisme romain tenait une place importante. Par exemple, lorsque le procès était relatif à la revendication d'un fonds, le préteur, aussi longtemps que la puissance romaine ne s'exerça que sur un territoire restreint, se transportait sur les lieux avec les intéressés. Mais bientôt le déplacement devenant impossible, on eut recours à un expédient de façon à pouvoir conserver les formes de procédure telles que les comportait l'organisation primitive : les plaideurs présentèrent alors simplement à l'audience une motte de terre ou glèbe, apportée par eux; et en droit, le champ tout entier fut réputé placé sous les yeux de la justice4.
De plus, le simulacre de marche vers le fonds contesté (que le préteur invitait les parties à exécuter devant lui), était aussi l'expression juridique de la revendication5. Ce simulacre consistait pour les plaideurs à avancer de deux pas, comme pour se rencontrer sur le sol même figuré par la motte de terre.
Quand il s'agissait de la réclamation d'un objet mobilier, l'al-