Usag. des fiefs
de danser à la manière des paysans et de chanter devant la femme de son seigneur dominant ».
Le Parlement de Paris octroya à ce vassal la permission de faire remplir ce rôle par un tiers.
A Rouen, les Célestins avaient droit de passage avec une charrette chargée, pourvu qu'en passant, ils jouassent du flageolet.
Les jongleurs qui entraient à Paris, du temps de saint Louis, s'exemptaient du droit de péage en chantant un couplet ; et Ton sait que, vers le même temps, les bateleurs1 qui pénétraient dans la même ville obtenaient remise du péage de quatre deniers, à condition de faire danser leurs singes devant le percepteur du droit.
Le dicton : « payer en monnaie de singe » n'a pas d'autre origine, semble-t-il 2.
Les femmes de Magny près de Pontoise étaient astreintes à battre les fossés du château Bantelu quand la dame châtelaine était malade, et cela afin d'empêcher les grenouilles de l'assourdir de leurs coassements.
Semblable usage existait, parait-il, à Luxeuil, pour la plus grande tranquillité du seigneur. Les paysannes en battant de leur longue gaule les fossés d'alentour devaient chantonner en leur patois : « Pax, pax, reinotte3, pax! laissas dormir monsu de Luxeu », afin qu'on pût vérifier plus facilement .leur présence.
On a contesté l'exactitude de l'anecdote en la qualifiant d'absurde, d'invraisemblable. Nous ne partageons pas ce sentiment : d'abord le fait est certifié par plusieurs auteurs; et de plus, il semble parfaitement explicable.
Un seigneur habite un manoir entouré d'eau, où pullulent avec une fécondité désespérante des batraciens indestructibles, qui
par milliers, la nuit, font entendre un concert intolérable Il
est impossible audit seigneur et à la dame châtelaine de se livrer au sommeil ; et au lieu d'exiger de leurs vassaux tant de « cordes