‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 203 sur 296 · Le droit usuel russe · texte numérisé non relu

Le droit usuel russe

blance avec les coutumes des Grecs et des Romains. Une fois la mariée arrivée, on la conduit cérémonieusement trois fois autour de l'habitation du mari; on lui lave les pieds, et la même eau sert à asperger les meubles, le lit nuptial et les conviés. Ensuite on lui met du miel sur les lèvres, ce qui indique qu'elle doit éviter toute espèce de querelle avec son époux; après quoi on lui couvre les yeux d'un voile nuptial, et on la mène près de chaque porte de la maison, qu'elle frappe du pied droit, Au même instant, la mère de son mari et ses amis, répandent autour d'elle du froment, du seigle, de l'avoine, de l'orge, des pois, des fèves et des pavots ; et ceux qui versent en grande quantité ces signes d'abondance disent à haute voix, en s'adressant à l'épousée :

« Si tu prends soin de ton ménage, si tu restes fidèle à la foi de tes pères, à tous tes devoirs, la corne d'abondance demeurera constamment auprès de toi et le Ciel te bénira; mais si au contraire tu violes tes serments et oublies ta religion, la colère de ton mari entraînera celle de Dieu : tu seras en proie à la misère, méprisée et haïe de tout le monde. » Après ces paroles, on lui ôte son voile, et on la fait asseoir à la table du festin.

En dépit de leur communauté d'origine (et bien qu'au regard de l'Église schismatique, comme dans l'Église romaine, le mariage soit déclaré un sacrement), il y a malgré tout de profondes distinctions à faire entre les deux cultes.

D'abord l'Église gréco-russe admet en cas d'infidélité le divorce dit canonique par leurs juristes.

Ensuite, pour les catholiques romains il y a, on le sait, incompatibilité disciplinaire entre le mariage et le sacerdoce. Pour le gréco-russe, au contraire, l'Ordination n'est accordée en principe qu'au diacre qui se marie ; « en sorte que c'est le mariage et non pas le célibat qui donne accès à l'autel » i.

On voit quelle est la différence des situations! Le séminariste russe (par là même qu'il n'est promu à la prêtrise qu'après son mariage) se préoccupe donc, quand arrive le moment de son ordination, de rechercher une fiancée, pour s'assurer tout ensemble une épouse et une paroisse...

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